La fable du coût excessif du travail
Partageant avec la Droite et le MEDEF, l’idée fausse que le coût du
travail, pèse sur les difficultés des entreprises, F. Hollande ne remet
pas davantage en cause les exonérations de cotisations sociales
patronales, tout au plus souhaite-t-il les conditionner à des promesses
d’accords salariaux, là où les communistes veulent revaloriser et
moduler le taux des cotisations sociales selon l’usage que font les
entreprises de leur profit. La gauche doit rompre ce consensus droite
PS sur les charges sociales.
Vers des Fonds régionaux pour l'emploi ?
Le PS propose un Fonds national de garantie, financé par l’Etat et la
caisse des dépôts pour éviter la chute des banques et leur permettre de
délivrer le crédit dont l’économie a besoin pour se développer. Les
prévisions officielles de croissance (1%) sont en effet préoccupantes.
Mais justement : le moment n’est-il pas venu de mettre partout en œuvre
la proposition des communistes de créer dans chaque région, et en
premier lieu en Ile de France, des Fonds Régionaux pour l’emploi et la
formation afin de permettre aux PME de ne pas faire les frais de la
crise ? Elles pourraient ainsi avoir accès au crédit à taux très bas,
dès lors qu’il s’agirait de créer des emplois. Vingt régions sont
présidés par un socialiste, c’est donc possible. Ces Fonds pourraient
prendre en charge tout ou partie des intérêts et être accordés aux PME
sous le contrôle des salariés, des élus locaux et régionaux, sous
réserve de création effective d’emplois. Un Fonds national pourrait
être effectivement créé: les communistes proposent de l'alimenter à
partir des 27 milliards d'euros d'aides publiques, aujourd'hui
inefficaces, accordées aux entreprises.
Une maîtrise publique du crédit
Mater les marchés financiers suppose la création rapide d’un pôle
public de crédit, en procédant aux renationalisations nécessaires et en
accordant des droits nouveaux aux salariés, notamment plus qu’un droit
de regards sur l’usage des fonds collectés. Coté pouvoir d’achat, le
secrétaire du PS avance l’idée de la généralisation du chèque transport
et de la revalorisation des allocations familiales. Bien. Mais pas un
mot sur le SMIC ni sur l’urgence du relèvement massif des salaires et
des retraites pour relancer la consommation et donc l’économie . A
l’appel du PCF, 15000 personnes ont pourtant défilé samedi sous les
fenêtres de l’Elysée et du MEDEF.
Le capitalisme à fait son temps
Pour les communistes, il faut s’attaquer à la logique même du
capitalisme qui secrète la spéculation comme la vigne donne le vin. Le
moraliser comme le veut Sarkozy relève de l’escroquerie intellectuelle,
le réguler est tout aussi illusoire : sa régulation c’est le taux de
profit. Parmi les réformes transformatrices que propose le PCF, celle
de la fiscalité taxant les actifs financiers, c’est à dire des titres
boursiers et leur rendements devient avec la crise d’une urgence
criante. Elle permettrait une autre utilisation de l'argent. Enfin, le
règne du dollar touche à sa fin : parce que les communistes voient
loin, ils avancent l’idée d’une monnaie mondiale commune, au service
des peuples, du co-développement et du progrès social.
Nicolas Maury