Le Parti communiste était représenté par Francis Parny, chargé des
questions culturelles au sein de l'exécutif national, vice-président du
conseil régional d'Île-de-France et du député André Chassaigne,
président de l'Association nationale des élus communistes et
républicains (ANECR). Pour Francis Parny, qui représentait Marie-George
Buffet, actuellement en visite au Vietnam, « Aimé Césaire, quel qu'ait
été son parcours, se sentait, à sa manière, de la famille communiste.
Mais il voulait être indépendant. Dans sa fameuse lettre à Maurice
Thorez, "Nous sommes nous-mêmes", c'est une affirmation et une volonté
de ne pas être assimilé. Cela se traduit dans son enseignement
politique. Lors de sa dernière rencontre avec Marie-George Buffet, il a
expliqué que son départ du PCF n'était pas une rupture avec le Parti
communiste, mais avec ceux qui, à cette époque-là, représentaient le
parti en France. C'est pourquoi je dis, sans vouloir faire de la
récupération, - car il y a suffisamment de personnes ici qui essayeront
de le faire -, qu'il n'a pas rompu avec les idées communistes, même si
à un moment donné il a voulu marquer le fait et a quitté le parti.
C'est avec une grande émotion que nous sommes présents pour ces
obsèques. Et c'est avec beaucoup de solennité, et une somme de
souvenirs, que le Parti communiste tient à marquer sa présence auprès
d'Aimé Césaire qui a été, durant près de dix ans, un député communiste.
Son départ du PCF n'a jamais été pour lui le rejet du marxisme. Il ne
souhaitait pas que le peuple martiniquais soit assimilé à celui de la
métropole. Pour lui, cela n'était pas supportable ».