
Mis en ligne : 22 avril
La IIIème République de Jules Ferry et des radicaux triomphants de la fin du 19ème siècle a opèré par la violence la conquête du Tonkin et d’une grande partie de l’Afrique et en y établissant une exploitation féroce des indigènes soumis à des systèmes de « portage » bien proches de l’esclavage. Plus près de nous la IVème République socialiste et MRP a tenté de maintenir, toujours par la violence (cf. les massacres coloniaux de 1945 à 1958) un système colonial fondé sur un statut inférieur des indigènes (informel mais réel).
Ainsi on voit qu’en Europe on cloisonnait, on compartimentait les indignations.
Les grands principes d’égalité, de liberté, de dignité sont valables ici et le racisme soft de Montesquieu au devoir de civilisation de J. Ferry et de la SFIO pour là-bas. Aimé Césaire n’était pas encore en odeur de sainteté…
Les choses ont-elles vraiment changé ? N’assiste-t-on pas aujourd’hui à une exigence universelle des Droits de l’homme ? La solidarité internationale avec les Tibétains victimes de la tyrannie de Pékin n’en est-elle pas la plus éclatante manifestation ?
Si c ’est vrai, que deviennent dans l’apitoiement général les millions de prolétaires asiatiques (dont une majorité de Chinois) exploités comme du bétail dans les sweat shops de Dacca, de Manille, de Shangai ou d’ailleurs ?
Où sont leurs droits ?
Ou veut-on faire oublier que c’est aussi avec des capitaux occidentaux que s’effectue cette exploitation qui piétine allègrement les « droits de l’homme » ? Veut-on faire oublier que les firmes multinationales américaines et européennes partagent leurs bénéfices avec la bourgeoisie et les dirigeants chinois sur la sueur et le sang des millions de paysans chassés des campagnes par la misère ? Veut-on faire oublier que cette exploitation en Asie sert de raison et de prétexte à la destruction des droits et de la protection sociale des travailleurs en Europe ?
Alors, pourquoi le Tibet aujourd’hui ?
Un peuple qui en opprime un autre ne peut-être libre lui-même.
L’oppression du tibet (et d’autres minorités) par l’Etat chinois illustre parfaitement le caractère de classe de la société chinoise.
C’est parce que la classe dirigeante chinoise, soi disant « communiste » s’enrichit monstrueusement par l’exploitation des travailleurs chinois qu ’elle pratique une politique nationaliste impériale.
C’est parce que le grand capital occidental s’engraisse sur le travail des salariés de nos pays qu’il établit au niveau mondial une relation dominants/dominés avec le reste du monde.
UN MILLIARD D’ETRES HUMAINS souffrent de faim dans le monde et l’on apprend que l’augmentation vertigineuse des prix des produits agricoles doit beaucoup à la spéculation financière internationale .
Y aurait-il plus d’opprimés et de violence au Tibet qu’en Palestine ou en Afrique ?
Ou cetains se donnent-ils bonne conscience à bon marché en s’offrant un Vietnam à l’envers ?
Les mêmes libéraux qui saluent sans sourciller la régression sociale chez nous sont prêts à se battre pour la liberté des Tibétains.
Veulent-ils, en confondant (sciemment ou non) le capitalisme d’état chinois avec le communisme officiel de Pékin, condamner toute solution socialiste chez nous ?
site du P.C.F