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Le 26 mars, les sénateurs de la commission des Affaires
culturelles ont auditionné le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos,
sur les nouveaux programmes du primaire.
Une fois encore la méthode choisie par le ministre pose question.
Comment en effet penser les programmes pour la réussite des enfants pour demain
sans qu’ait été menée une véritable évaluation scientifique des bienfaits ou
méfaits des précédents programmes ? Les derniers programmes datent seulement de
2002, c’est dire qu’on a à peine le recul de leur application sur une génération
d’élèves.
Sur le fond, le ministre veut recentrer les programmes sur « les
fondamentaux » : français et mathématiques. Ce sont, il est vrai, des éléments
importants. Mais ce retour aux fondamentaux ne doit pas se résumer à la notion
d’empilement des connaissances, balayant ce qui fondaient les programmes de
2002, à savoir l’éveil, l’épanouissement, et surtout la quête du sens dans
l’acquisition des savoirs et des connaissances. Nous avons besoin des deux car
un simple retour aux « méthodes anciennes » ne répondra pas aux exigences
historiquement nouvelles qui se posent à nous : celle d’une posture
d’appropriation réfléchie des savoirs rendue indispensable par le développement
de notre société.
Même scepticisme pour les deux heures du samedi réinvesties sous
forme d’aide personnalisée aux élèves en difficulté. Dans les écoles où il y a
beaucoup d’élèves en difficulté, ces deux heures seront largement insuffisantes.
A l’inverse, dans les écoles où peu d’élèves sont en difficulté, on peut faire
beaucoup avec deux heures. Il n’y a pas d’égalité entre une Zep à Gennevilliers
et une école à Neuilly. Ce qui signifie donc un renforcement des inégalités.
Enfin, les nouveaux programmes réévaluent la grande section de
maternelle en introduisant des connaissances et des exigences scolaires. On peut
même parler de pré lecture et de pré calcul. Pour autant, le ministre, interrogé
sur ce point lors de son audition, n’a pas indiqué qu’il répondrait
favorablement à la proposition d’Alain Bentolila d’une scolarisation obligatoire
dès 3 ans. Ce qui équivaut à prendre le risque d’une accentuation des
inégalités.
Autant d’interrogations qui n’ont pas semblé émouvoir le
ministre. |