Le 21 juillet 2008, le Président Sarkozy tentera de faire
adopter par le congrès son projet de révision
constitutionnelle. Le texte proposé constitue une menace
grave pour notre démocratie. C’est une réforme sur
mesure pour Sarkozy, faite pour donner à un Président
qui veut décider de tout, les moyens légaux d’accroître ses
pouvoirs.
La Constitution est un texte fondamental. Elle organise la répartition des
pouvoirs et le fonctionnement des grandes institutions qui en sont dépositaires.
Alors que toute modification importante devrait être soumise au débat et au vote
des citoyens par référendum, Sarkozy fait passer son projet au coeur de l’été,
sans véritable débat national sur les enjeux immenses de cette réforme piège.
Une réforme piège...
Piège parce qu’elle réduit les pouvoirs du Parlement au profit de ceux de
l’exécutif et du Président de la République :
● en réduisant le droit d’amendement des parlementaires ;
● en permettant au chef de l’État de décider des interventions armées sans vote
du Parlement ;
● en donnant au Président de la République la possibilité de s’exprimer devant
les Assemblées sans que celles-ci aient les moyens de sanctionner ce discours
par un vote ;
● en enfermant la politique budgétaire dans des contraintes gravées dans le
marbre constitutionnel qui empêchent l’état d’agir ;
Au final, en faisant du Président de la République le véritable chef du
gouvernement, la réforme exonère celui-ci de tout contrôle du Parlement sur son
action et ses décisions. Bref, de quoi donner à Sarkozy les moyens d’aller encore
plus vite et encore plus fort dans sa politique de mauvais coups.
... qui peut être déjouée
La gauche peut faire échec à cette logique. C’est son devoir de s’opposer à une
réforme qui ferait de Sarkozy, le chef d’État occidental aux pouvoirs les plus
étendus, plus encore que ceux dévolus par le régime présidentiel des Etats-Unis.
Le 21 juillet, pas une voix des parlementaires de gauche ne doit manquer pour
empêcher ce coup porté à la démocratie : face à un tel danger, si on est de
gauche on vote non ! Les parlementaires communistes y sont résolus.
Pour une République sociale et participative
Au lieu de concentrer encore plus de pouvoir entre les mains d’un seul, les
communistes proposent de donner beaucoup de pouvoirs nouveaux aux
citoyennes et aux citoyens. Pour se faire entendre réellement. Pour que les
décisions soient prises dans l’intérêt de tous, et non de quelques uns.
● Une République démocratique où le Parlement retrouve sa légitimité et
ses pouvoirs
● Élections à la proportionnelle
● Limitation du cumul des mandats et parité
● Droit de vote des étrangers résidents aux élections locales et
européennes
● Obligation de consulter le Parlement sur les choix européens et
internationaux
● Profonde démocratisation du Sénat
● Respect du pluralisme par les médias, notamment le service public
● Une république participative, où les citoyen-nes aient des pouvoirs réels
d’intervention directe
● Rendre la démocratie participative constitutionnelle et doter les
collectivités des moyens pour favoriser la participation citoyenne ;
● Associer les citoyens aux décisions budgétaires des collectivités et
rendre obligatoires des comptes rendus réguliers de mandat des élus ;
● Reconnaître le droit au référendum d’initiative citoyenne (localement et
nationalement)
● Une république sociale, où les salarié-es puissent faire respecter leurs
droits et leurs intérêts dans les entreprises
● élargir les droits collectifs des syndicats et des institutions
représentatives du personnel ;
● permettre aux salariés et à leurs syndicats d’intervenir sur les choix et
proposer des stratégies alternatives,
● permettre aux représentants de la collectivité de faire valoir les aspects
territoriaux et environnementaux.
● mise en place d’un cadre public légal de contrôle des grandes entreprises,
permettant notamment de conditionner les subventions ou marchés
publics au respect de clauses sociales et environnementales.
Plus de pouvoirs au Président ? Non ! Plus de pouvoirs aux citoyens ? Oui !
Nicolas Sarkozy l’avait dit : « Il n’y aura pas de privatisation
d’EDF et Gaz de France, c’est clair, c’est simple, c’est net ».
Hélas, l’entreprise publique Gaz de France vient de passer
sous le contrôle du groupe privé franco-belge Suez. Avec la
bénédiction du Président de la République, grand ami du
principal actionnaire privé.
« C’est clair, c’est simple, c’est net », avec Sarkozy, il faut
s’attendre au pire pour l’avenir de nos services publics et au
meilleur pour ses copains du patronat. Et ce flagrant délit de
mensonge est loin d’être le seul.
Le candidat Nicolas Sarkozy avait en effet tout promis : du travail pour tous, de
bons salaires, plus de démocratie, plus d’efficacité des politiques publiques,
permettre à chaque français d’être propriétaire de son logement, garantir la réussite
de chacun à l’école, etc...
Après 15 mois de présidence, son indéniable talent de bonimenteur ne suffit plus à
masquer l’échec des politiques menées, ou plutôt leur objectif véritable : une
politique au service du patronat et des puissances de l’argent, contre les intérêts du
plus grand nombre.
Le pouvoir d’achat aux oubliettes
Alors que les prix s’envolent et que les salaires stagnent, les promesses de
campagne se sont évanouies. Des millions de françaises et de français ne peuvent
plus joindre les deux bouts : sur-loyer, prix des denrées alimentaires, de l’essence,
retraites minuscules, déremboursement de médicaments... Ils sont des millions qui
ne partiront pas en vacances cet été. Ils sont des millions à jongler, non pas pour
vivre mais simplement pour subsister.
Sarkozy a voulu faire croire qu’il pourrait agir sur le pouvoir d’achat sans toucher
aux salaires, sans s’attaquer aux profits, à la spéculation. Mensonges !
Alors qu’en ce moment même des centaines milliards d’euros s’évaporent sur les
marchés financiers, que les entreprises françaises font des bénéfices inégalés dans
l’histoire (105 milliards en 2007 pour les seules entreprises du CAC40) et que le
club des milliardaires compte chaque jour de nouveaux membres (le patrimoine des
500 plus grandes fortunes de France est passé de 200 à 280 milliards d’euros en une
année), la « France qui se lève tôt » a un réveil pénible.
Les services publics sacrifiés
Plus c’est gros, mieux ça passe : déplorant que « les caisses sont vides », fustigeant
des services publics sous perfusion ou l’assistanat des politiques sociales, Sarkozy
distribue dans le même temps 15 milliards aux plus riches et octroie généreusement
65 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises, sans contrepartie sur
l’emploi, sur l’investissement. Un scandale !
Par contre, pour les services publics ce sera le régime sec, et Sarkozy jure la main
sur le coeur qu’il est possible de les rendre plus performants en ne remplaçant pas
un fonctionnaire sur deux. De qui se moque-t-on ?
L’école, l’université et la recherche paient le plus lourd tribu au dogme libéral du
président de la République. L’année prochaine, ce sont encore 30.000 postes de
fonctionnaires qui seront supprimés, dont 13.000 dans l’éducation nationale
(-25.000 depuis l’élection depuis mai 2007).
Derrière le paravent de « l’égalité des chances », l’objectif est clair : réduire
drastiquement les dépenses de l’école publique, ouvrir des « marchés » pour le
secteur privé de l’éducation et construire une école de la sélection et de la
reproduction sociale des élites. Un projet mortel, rejeté par la communauté
éducative, les parents d’élèves comme les étudiants mobilisés ce printemps et dont
Sarkozy se vante de ne pas écouter les appels.
La démocratie piétinée
Voilà toute la méthode Sarkozy : le débat, la démocratie, ce serait du temps de
perdu, la souveraineté populaire, un obstacle. La construction européenne en est un
triste exemple. Prétendant avoir « entendu » ce qui s’est exprimé avec la victoire du
Non au Traité de Constitution européenne, il repasse pourtant le plat avec un traité
de Lisbonne tout aussi libéral et qu’il impose sans référendum : « vous n’en voulez
pas mais vous en mangerez quand même ! » Même chose pour ces indociles
Irlandais, invités à revoter jusqu’à ce que « oui » s’ensuive... Quel mépris des
peuples et de la démocratie !
Et que dire de son projet de réforme de la Constitution renforçant les pouvoirs
présidentiels et le bipartisme ? Que dire de ses manoeuvres politiciennes pour
arracher un vote favorable à cette réforme et diviser la gauche ? Que dire également
de sa conception du dialogue social ? Là aussi, le mensonge et l’entourloupe font
loi. Ainsi, au mépris de la parole donnée aux partenaires sociaux et des accords
négociés, le gouvernement poursuit son projet de déréglementation généralisée du
droit du travail et de casse des 35 heures.
Nous avons été des centaines de milliers à nous mobiliser au printemps contre
l’imposture Sarkozy et pour d’autres choix, une autre politique. Certains se
proposent d’attendre 2012 pour mettre Sarkozy au chômage. Mais va-t-on le laisser
continuer à tout casser pendant encore 4 ans ? Donnons-nous rendez-vous dès cet
été et à la rentrée, pour poursuivre et amplifier ces mobilisations. Les communistes
vous donnent notamment rendez-vous, à la Fête de l’Humanité, rendez-vous des
colères, rendez-vous de l’espoir de celles et ceux qui veulent construire à gauche,
une véritable alternative à cette politique.
Le
Sénat a adopté, mercredi 16 juillet 2008, en deuxième lecture, le
projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la
Ve République.
Nicole Borvo Cohen-Seat a dénoncé
la mise en place d’un « système hybride, assez monarchique, où règne la
confusion des pouvoirs, où le fait majoritaire est exacerbé et variable
selon que la majorité est de droite ou de gauche ».
« Cette révision, annoncée après »Cette
révision, annoncée après l’élection de Nicolas Sarkozy, mais non avant,
aura connu une gestation de neuf mois. Tout d’abord, le comité Balladur
a fait connaître 77 propositions qui mettaient en place un régime
présidentiel affiché avec un peu de proportionnelle, un Sénat plus
démocratique et quelques limitations des pouvoirs du Président.
Le projet du Gouvernement, présenté en
décembre, organisait un présidentialisme caché sous une prétendue
revalorisation des pouvoirs du Parlement. On ne parlait plus de
proportionnelle, de modification du scrutin sénatorial ou de limitation
des pouvoirs du Président de la République. Cette révision devait
faire, selon M. Fillon, l’objet d’un large consensus -qui ne
concernait, en fait, que l’UMP. Quant au peuple, il n’en a jamais été
question, ni sous la forme d’une consultation populaire, ni d’une
amélioration de la représentativité du Parlement.
Aujourd’hui, s’il y a consensus, c’est
tout au plus au sein de la majorité présidentielle. Les tentatives de
l’opposition pour améliorer le projet et renforcer les droits du
Parlement ont été rejetées. La modification de la représentativité des
collectivités territoriales a tourné à la caricature à mesure que la
propagande annonçant un renforcement des droits du Parlement se
dégonflait. Nous avons vu ce qu’il est advenu, notamment, du droit
d’amendement.
Nous nous trouvons désormais face à un
régime particulier, d’inspiration présidentielle à l’américaine d’une
part, avec un Président aux pouvoirs considérables non responsable
devant le Parlement, mais pouvant dissoudre ce dernier, et proche d’un
parlementarisme rationalisé à l’anglaise d’autre part, mais sans les
droits de l’opposition. Bref, un système hybride, assez monarchique, où
règne la confusion des pouvoirs, où le fait majoritaire est exacerbé et
variable selon que la majorité est de droite ou de gauche.
Le groupe CRC votera résolument contre
cette révision qui repousse encore les limites de la Constitution de
1958 vers un présidentialisme exacerbé, contre la façon dont le
Président de la République souhaite peser dans le débat -sa prestation
d’aujourd’hui dans la presse augure de son comportement futur,
lorsqu’il pourra s’exprimer devant le Parlement. Et la grossière pêche
aux voix engagée pour convaincre les derniers parlementaires hésitants
nous conforte dans notre décision de rejeter cette réforme
constitutionnelle."
BRAVO ET MERCI AUX OUVRIERS, HONTE A LA DIRECTION !!!!!
VOTRE MESSAGE A ETE FORT NOUS VOUS AVONS ENTENDUET ALLONS DENONCER L’ACCORD QUI A MIS LE FEU AUX POUDRES
Nous n’aurions pas assez de 40 pages pour vous dire
combien nous sommes fiers de représenter des salariés postés aussi
déterminés à refuser l’esclavage, nous n’aurions même pas assez de 100
pages pour dire notre dégoût de cette Direction qui n’a pas eu le
courage d’assumer votre réaction.
Depuis des mois cette Direction nous menace, nous
provoque, nous insulte, nous harcèle, la réaction a été tout à fait
légitime, même si parfois très tendue !!!!
Nous n’avons jamais vu une Direction fuir autant ces
responsabilités, M GOMEZ et PFERFERMANN ne sont même pas venus pour
dialoguer, pire ils nous ont envoyé les forces de l’ordre, ces deux là
sont venus pour casser notre usine il n’y a aucun doute la dessus !!!
Que dire d’une Direction qui ferme l’usine pendant
plusieurs jours et qui pénalise les salariés souhaitant aller au
travail, car dès le départ nous avons dit clairement, que nous
respecterions les grévistes et les non grévistes, c’est la première
fois que la Direction ferme l’usine, à ce sujet nous adressons un
courrier au DRH pour lui demander le paiement à TOUT le personnel des
journées pendant la durée de fermeture du site.
Nous rappelons que ce sont les syndicats CGC et CFTC
qui sont responsables de cette montée de colère, ils ont signé un
accord refusé majoritairement, contre votre avis, ils auront des
comptes à vous rendre, la Direction les a mis en CP, une honte !!!!!
Malgré cette colère aucun incident majeur n’est à
déplorer, notre présence à permis d’éviter bien des dérives et nous
apprenons ce jour que les élus CGT vont être poursuivis une nouvelle
fois, c’est une nouvelle provocation, la Direction veut nous faire
passer pour des voyous !!!!!
Beaucoup d’entre-vous ont été choqué par la présence
massive des forces de l’ordre mercredi matin et pire encore les vigiles
de boites de nuit qui d’ailleurs sont encore dans nos murs !!!!
La CGT Goodyear a pris et assume sa responsabilité,
nous avons soutenu des salariés trahis et en colère contre une
Direction et deux syndicats à la dérive totale !!!!
Comme nous vous le disons dans notre titre, nous vous
avons entendu et nous allons dénoncer l’accord 4×8 signé à l’arrache
par des syndicats qui n’écoutent que la Direction et le MEDEF !!!! Vous
avez dit clairement pendant 6 jours que vous ne vouliez pas des 4×8,
qu’il fallait que les syndicats non signataires dénoncent l’accord !!!
Ce jour nous faisons donc partir notre droit
d’opposition de l’accord 4×8, mais aussi sur celui de l’accord inter
établissements qui permet à la Direction de n’appliquer le PSE que sur
notre site, accord signé la aussi par le syndicat CGC.
Pendant 6 jours, nous avions des salariés en colère, au
bord de l’explosion, des femmes, des enfants, la Direction devrait
avoir honte ; de mémoire de salariés nous n’avons jamais vu des
responsables aussi lâche, ils se sont « tiré comme des voleurs » il fut
une époque ou même en cas de conflit il y avait un minimum de dialogue,
mais cette époque est hélas révolue !!!!
Nous remercions aussi ceux qui nous ont soutenu, la
région, le département, ainsi que l’union départementale CGT et la
fédération chimie, au passage nous remercions aussi toute la population
amiénoise qui a signée en masse notre pétition et qui nous a apporté de
nombreux messages de soutien !!!!
La Direction dit qu’elle va mettre le plan social en
œuvre, nous lui rappelons qu’une solution intelligente existe et qu’il
faut en discuter autour d’une table, d’ailleurs une table ronde est
prévue et nous apprenons que la Direction refuserait celle-ci, la CGT
continue de demander la nomination d’un médiateur, il faut trouver et
vite une solution, faute de quoi, un jour, nous ne pourrons plus rien
maîtriser !!!!
L’osmose entre les équipes de week-end et celles de
semaine est énorme, VOUS avez dit clairement qu’ensemble vous refusiez
les 4×8, et qu’il fallait que les syndicats dénoncent cet accord en
dessous de tout !!!!
La Direction va donc nous mettre sur le dos le plan
social, met elle ne parle plus des 450 à 500 suppressions d’emplois
liés aux 4×8 et dire que 2 syndicats ont signé un accord permettant de
liquider 500 emplois, la aussi c’est une première sur notre site !!!!
La CGT Goodyear vous invite à ne plus faire de relèves repas, c’est légal et donc il faut l’appliquer.
La Direction veut casser du cégétiste, alors que sans
nous pendant les 6 jours il y aurait eu bien plus de débordements, nous
avons tout mis en œuvre pour limiter la tension, malgré les
provocations sans cesse.
L’action ne doit pas s’arrêter là, d’autres sont à
venir, la CGT Goodyear malgré les menaces ne changera pas de cap, nous
ne sommes pas des bandits comme la direction veut nous montrer, les
bandits, les voyous sont ceux qui désertent l’usine, envoient des
forces de l’ordre, ferment l’usine, bref ceux qui depuis des mois
attisent la colère et ne cesse de harceler des ouvriers honnêtes et
intègres !!!!!
La CGT au CE va demander une réunion extraordinaire,
car nous trouvons inadmissible que notre fric serve à payer des vigiles
de boites de nuit !!!
Votre mouvement est terminé et nous vous le redisons,
nous sommes plus que fiers d’être à vos cotés, la Direction a perdu
quoi qu’il arrive, la convergence dans la lutte entre les salariés de
semaine et week-end est une réussite totale, vous avez TOUS dit que les
4×8 ce ne sera pas chez Goodyear Amiens.
La Direction a cassé quelque chose, plus jamais l’usine
ne fonctionnera comme avant, il y a de la haine, de la colère, la
Direction a mis le paquet depuis des mois pour vous faire péter un
câble, combien d’entre-vous le disent :
« Ils nous ont mis la haine, nous ne sommes plus nous même !!! »
La Direction fait circuler une rumeur comme quoi le
secrétaire de la CGT aurait une place dans les instances de la CGT,
cette information est une calomnie de plus, la seule ambition qu’il a
est celle de défendre les salariés jusqu’au bout !!!!
Les organisations syndicales, CGT, SUD, CFDT, FO, et CFTC se sont rencontrées ce jour suite
aux articles de presse annonçant un changement de statut et d’ouverture du capital de La Poste
qui sera confirmé par le Président Jean-Paul Bailly lors du prochain conseil d’administration, le
10 juillet 2008.
Elles jugent inqualifiable l’attitude de la direction de La Poste suite à cette annonce, par presse
interposée.
Les organisations syndicales refusent un processus qui conduirait inexorablement à la
privatisation du service public postal. .
D’évidence, La Poste et le gouvernement ont fait le choix de passer en force en contournant les
organisations syndicales représentatives des postières et des postiers.
Nos fédérations s’engagent dans l’action :
Pour un service public moderne et rénové, qui réponde aux besoins de la population
sur l’ensemble du territoire ;
Pour la défense de l’emploi et le maintien des garanties des fonctionnaires et des
contractuels.
Les Organisations syndicales demandent au Gouvernement et au Président de la Poste :
une véritable concertation dans les plus brefs délais
l’organisation d’un débat public national sur l’avenir du service public postal.
Les organisations syndicales seront auprès des postiers tout l’été pour débattre avec eux de
leur avenir et pour définir les modalités les plus efficaces dans le but de préparer une action
unitaire nationale dès la rentrée.
Une nouvelle rencontre des Organisations syndicales est d’ores et déjà programmée début
septembre.
Communiqué de Jean-Pierre Brard, député app-PCF de Montreuil
"Le Président de la République, actuellement à la tête de la Présidence
de l'union, se prendrait-il pour le Président irlandais ou bien pour le
roi du monde ?
C'est la question que nous sommes en
droit de nous poser à entendre ses déclarations du jour, tenues devant
un parterre de députés convoqués à l'Elysée pour écouter la bonne
parole présidentielle. En déclarant vouloir faire revoter les Irlandais
qui ont rejeté le traité européen il y a un mois, le Président SARKOZY
fait preuve d'un mépris insupportable du droit des peuples à disposer
d'eux-mêmes et de leur avenir. Au lieu de prendre le temps d'un nouveau
débat avec les peuples pour concevoir un nouveau projet européen
sortant du dogme libéral, définissant les piliers social et
démocratique de l'Union et la protégeant comme un pôle de progrès
social et écologique, le Président de l'union en exercice choisit la
voie du coup de force et du mépris de la parole populaire. C'est une
fois encore la preuve que la construction européenne actuelle manque
totalement de légitimité populaire.
Après avoir privé les Français de
voter, par référendum, sur un texte qui n'est qu'une pâle et mauvaise
copie du traité constitutionnel européen rejeté en 2005, monsieur
SARKOZY fait un caprice et exige des Irlandais qu'ils changent leur
vote. Pour ma part, je joins ma voix à tous ceux qui, depuis 2005,
demandent qu'un nouveau traité européen soit élaboré par une assemblée
constituante, élue directement par les citoyens. Ce traité devra être
adopté par référendum dans chaque État membre, le même jour. " Nicolas Maury
Présidence française . Luc Guyau, président de
l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, livre son sentiment
à la veille du conseil agricole européen.
Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier préside aujourd’hui son premier conseil agricole européen. Qu’en attendez-vous ?
Luc Guyau (1). La présidence française doit reprendre l’examen du
bilan de santé de la politique agricole commune (PAC) en partant des
propositions faites par la Commission. Selon mes informations, les
quatre premiers mois de la présidence française seront centrés sur
l’échange entre les ministres des 27 afin d’examiner les marges de
manoeuvre dont ils disposent dans le cadre du « bilan de santé » de la
réforme de 2003 proposé par la Commission. Le ministre cherchera
ensuite les contours d’un compromis par des échanges bilatéraux. Puis
un conseil devrait avoir lieu en novembre pour procéder aux derniers
ajustements. D’ici là, les 27 auraient intérêt à raisonner à échéance
de dix à quinze ans plutôt que de s’en tenir au seul horizon de 2013.
La présidence française ne permettra pas de régler tous les problèmes.
Mais je souhaite vivement qu’elle impluse une véritable réflexion sur
l’avenir de l’agriculture en Europe.
Une trentaine de pays vont réunir leurs négociateurs à Genève autour
du directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le 21
juillet pour tenter de boucler le cycle de négociation entamé en 2001 à
Doha. L’Europe a déjà beaucoup cédé sur les dossiers agricoles sans
obtenir de contreparties en faveur de l’industrie et des services. Que
pensez-vous de cette utilisation de l’agriculture comme monnaie
d’échange ?
Luc Guyau. Le système de discussion et les critères de la
négociation en cours à l’OMC ne sont pas compatibles avec les missions
que l’Europe exige de l’agriculture. Tout se passe comme s’il fallait
conclure le cycle de Doha quel qu’en soit le prix pour l’agriculture
européenne alors que le contexte a beaucoup changé depuis 2001. À
l’époque, on nous disait que nous avions trop de viande, de lait, de
céréales. On voit aujourd’hui à quel point ces arguments étaient
fallacieux. La logique voudrait que l’on discute à l’OMC en intégrant
cette nouvelle donne induite par la réduction des stocks agricoles au
niveau mondial et la volatilité des cours que cela provoque. Or, à
l’OMC on continue de discuter en occultant ces éléments nouveaux. Je
trouverais inacceptable toute nouvelle concession de l’Union
européenne. Pour les produits sensibles comme la viande, le lait, les
fruits et légumes, de faibles volumes d’importation suffisent parfois
pour déstabiliser les cours sur le marché intérieur et pour ruiner les
agriculteurs. Voilà pourquoi il faut garder des protections douanières
aux frontières de l’Europe.
Dans les années qui ont précédé l’emballement des cours des céréales
et des oléagineux en 2007, vous avez publié de nombreuses « tribunes »
dans différents journaux - dont l’Humanité - pour souligner que la
question de l’approvisionnement des peuples en produits alimentaires
n’était jamais réglée une fois pour toutes et qu’il fallait des
politiques agricoles assorties d’outils de régulation. Avez-vous le
sentiment que ce discours est mieux compris aujourd’hui ?
Luc Guyau. Quand j’étais un jeune éleveur, des économistes libéraux
prétendaient déjà que nous n’avions pas besoin de produire de la viande
bovine puisque l’Argentine pouvait nous en fournir à moindre coût. Puis
est arrivée la guerre des Malouines, en 1982, et l’Argentine a stoppé
ses exportations de viande vers l’Europe. Récemment, je recevais un
producteur de lait néo-zélandais. Son pays exporte 97 % de sa
production laitière et cet éleveur me disait que les livraisons de lait
chutent considérablement en raison d’une sécheresse persistante. Ces
deux exemples montrent que l’on ne saurait trop dépendre des
importations. Les consommateurs ont fortement réintégré cette notion
depuis un an en observant des hausses de prix provoquées par une
raréfaction de certains produits. Mais il reste du chemin à faire pour
que les grandes institutions comme la Banque mondiale et le FMI soient
au diapason des nouveaux enjeux alimentaires même si elles ont un peu
bougé ces derniers mois. Aujourd’hui, l’attitude la plus déconnectée
des réalités s’observe chez les négociateurs de l’OMC et chez son
directeur général, Pascal Lamy. J’ai parfois l’impression qu’il veut
que son mandat s’achève à tout prix par un accord qui conclurait le
cycle de Doha, quel que soit le contenu de cet accord. Je trouve cela
inacceptable.
La controverse grandit aujourd’hui sur les agrocarburants. Est-il
possible de concilier leur développement avec la mission première de
l’agriculture qui est de nourrir les hommes ?
Luc Guyau. De tout temps, l’agriculture a autoproduit de l’énergie,
qu’il s’agisse du bois de chauffage ou de la nourriture des animaux de
trait. C’est légitime. En théorie, les réserves de terres non cultivées
dans de nombreux pays permettent la production d’agrocarburants. Mais,
là aussi, il faut de la régulation.
(1) Producteur de lait en Vendée,
Luc Guyau a également été président du CNJA, puis de la FNSEA.
Au village, sans prétention,
J’ai mauvaise réputation.
Qu’je m’démène ou qu’je reste coi
Je pass’ pour un je-ne-sais-quoi !
Je ne fait pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme.
Mais les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Non les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Tout le monde médit de moi,
Sauf les muets, ça va de soi.
Le jour du Quatorze Juillet
Je reste dans mon lit douillet.
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En n’écoutant pas le clairon qui sonne.
Mais les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Non les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Tout le monde me montre du doigt
Sauf les manchots, ça va de soi.
Quand j’croise un voleur malchanceux,
Poursuivi par un cul-terreux ;
J’lance la patte et pourquoi le taire,
Le cul-terreux s’retrouv’ par terre
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En laissant courir les voleurs de pommes.
Mais les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Non les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Tout le monde se rue sur moi,
Sauf les culs-de-jatte, ça va de soi.
Pas besoin d’être Jérémie,
Pour d’viner l’sort qui m’est promis,
S’ils trouv’nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou,
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En suivant les ch’mins qui n’mènent pas à Rome,
Mais les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Non les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Tout l’mond’ viendra me voir pendu,
Sauf les aveugles, bien entendu.
Selon son médecin, l’ex-membre des Brigades rouges est
très gravement malade. L’avocate de Marina Petrella réclame l’arrêt de
la procédure d’extradition et l’application de la «clause humanitaire».
L’ex-membre des Brigades rouges Marina Petrella,
incarcérée en France en attente d’une extradition vers l’Italie, est
«en danger de mort», écrit dans un certificat, son médecin traitant qui
l’a examinée dimanche à l’hôpital d’Evry.
Mme Petrella, 54 ans, a été transférée vendredi de la
maison d’arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis (Essonne) à l’hôpital
Louise-Michel d’Evry, «sur décision du corps médical qui a jugé son
état faible», avait précisé son avocate Irène Terrel.
L’ex-brigadiste a été examinée dimanche par son médecin
traitant, qui a toujours été informé de son état, et a constaté «une
aggravation» avec une perte de poids «maintenant supérieure à 20
kilos», écrit le médecin dans un certificat remis à Me Terrel.
«Sa fuite de toute vie, telle qu’elle l’exprime depuis
des mois, est constante et permanente», ajoute le praticien selon
lequel «la situation médicale de Mme Marina Petrella est effectivement
entrée dans une phase critique où la vie de ma patiente est en péril».
«J’atteste avec la même détermination que Marina Petrella est en danger
de mort» et que «les soins qui doivent lui être prodigués sont
incompatibles avec son maintien en détention», a ajouté ce médecin
installé dans le XIVe arrondissement de Paris.
Ancienne dirigeante de la «colonne romaine» des
Brigades rouges, Marina Petrella a été condamnée en Italie en 1992 à la
réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour complicité de meurtre
d’un commissaire de police à Rome en 1981. Vivant en France depuis
1993, elle a été arrêtée en août 2007. Son décret d’extradition a été
signé le 3 juin par le gouvernement français.
Tout en s’engageant à livrer Marina Petrella aux
autorités italiennes, qui la réclament, le président Nicolas Sarkozy a
demandé dans une lettre du 10 juillet à Silvio Berlusconi, président du
Conseil des ministres italien, que l’ex-brigadiste puisse être graciée
«dès que possible». L’avocate de Mme Petrella réclame l’arrêt de la
procédure d’extradition et l’application en faveur de sa cliente de la
«clause humanitaire», prévue par la convention européenne d’extradition
de 1957.
Un
texte du PCF soutenant la manifestation des artistes et techniciens du
spectacle le 18 juillet à 14h30 à Avignon de l’office du Tourisme au
Palais des Papes.
Le 18 juillet, habitants, festivaliers, artistes...
MOBILISONS-NOUS*
/Nous sommes en Avignon où sont rassemblés des milliers de professionnels et d’amoureux du théâtre./
/Les compagnies, les artistes et les techniciens du spectacle
manifestent le vendredi 18 juillet prochain à Avignon pour exprimer
leur « refus de la paupérisation du spectacle vivant ». /
/Le Parti Communiste Français y apporte son soutien, sera présent et appelle les citoyens à y participer./
Une profession précarisée, en danger*
Malgré les promesses de la Ministre d’y regarder de plus près, la
réforme des annexes 8 et 10, dite des « intermittents », poursuit son
laminage des artistes et techniciens du spectacle. Les annonces, les
coupes sombres dans le budget de la culture mettent en danger
d’existence de nombreuses compagnies et, comme elles, les institutions
sont souvent contraintes de réduire leurs «marges artistiques». Une
«réforme nouvelle», le numéro d’objet, tend à exclure tout ce qui est
action culturelle du champ artistique, obligeant les artistes à tendre
la sébille à chaque nouveau projet.
Madame Albanel promet de faire tout ce qu’elle peut pour défendre la
culture. Elle prétend ouvrir le débat avec les entretiens de Valois
mais dans un contexte contraint de restrictions alors qu’il y a urgence
à relancer les politiques publiques. *On amuse la galerie alors que le
gouvernement et le président ont décidé qu’il y a trop d’artistes, trop
de tribunaux, trop d’hôpitaux, trop d’enseignants, trop de service
public, trop de tout sauf de profits...*
L’art et la culture en danger*
Cela fait effectivement bien longtemps, et pas seulement du seul
fait de la droite, que la place de l’art et de la culture dans les
politiques publiques se dégrade. Mais aujourd’hui le gouvernement
Sarkozy-Fillon veut passer un cap dans le démantèlement du service
public de la culture. Quand il s’agit de financement public de la
culture, il n’a qu’une idée en tête, mécénat, défiscalisation
«responsabilisation» des collectivités territoriales ; il veut se
dégager de sa responsabilité. Sans doute considère-t-il - avec quel
mépris ! - que le marché, la télé et les industries culturelles ont
règlé la question de la démocratisation et de l’accès aux oeuvres pour
le plus grand nombre. Et que ce qui subsistera de théâtre, de musique,
d’arts plastiques et d’opéra... sera bien suffisant pour les amateurs
éclairés et fortunés. Et pour le « rayonnement » de la France.
Il faut faire d’autres choix !*
Au contraire, les communistes pensent que le désir d’art est
partagé. Ce désir d’art est constitutif de l’humanité, il doit être au
coeur de tout projet politique. Ce doit être l’ambition d’un service
public de la culture. Et notre pays est suffisament riche pour
consacrer 1% de son PIB à l’art et la culture. *A condition d’avoir le
double courage de considérer l’art et la culture comme un bien commun à
partager par tous et de se donner les moyens d’un engagement et d’un
financement publics sans lequel il n’ y aura ni création, ni diversité
culturelle ni appropriation par le peuple des oeuvres de l’esprit.*
Les caisses sont vides...? Pas pour tout le monde !*
Nicolas Sarkozy se répand sur le vide des caisses de l’Etat. Mais en
juin 2007, le premier geste du Président a été d’offrir 15 milliards
aux plus riches dans le fameux «paquet fiscal». Et d’en reprendre la
moitié, 7 milliards, dans nos poches avec la carte famille nombreuse
supprimée, moins pour le logement, le social... et il faut y ajouter la
culture. Nicolas Sarkozy, c’est « Robin des Bois » à l’envers. Il vole
aux pauvres pour donner aux riches !
Il y a urgence à résister, à faire entendre des choix de gauche et ouvrir une perspective de changement.
Avignon est le lieu de nombreux débats citoyens sur le théâtre, sur
la culture. Ce sont autant d’occasion pour confronter les points de vue
et se faire entendre.
Serge Dassault vomit sa haine des grévistes, des syndicats, des CDI, des fonctionnaires, etc.
Invité
sur iTélé, Serge Dassault, industriel et député UMP, s’est emporté
contre la France de la grève, des syndicats, des CDI et des
fonctionnaires… Autant d’institutions qu’il espère voir disparaître au
profit de la glorieuse entreprise. Mieux vaut en rire, non ?
« Les Chinois travaillent 45 heures par semaine, ils dorment dans
leur usine, ils font de bons produits pas chers », raconte Serge
Dassault, les yeux brillants d’envie, sur le plateau de iTélé. Mais en
cette matinée du jeudi 10 juillet, l’industriel et député UMP n’a pas
le temps de rêver. Une mission importante l’attend : sauver la France,
ce pays « qui ne travaille pas assez ».
« Les 35 heures, c’est le cancer de la France », répète le vieux
monsieur de 83 ans. Il faut dire qu’il voit également les grèves comme
des métastases : « pourquoi on fait la grève ? interroge le patron
Serge Dassault. Pour des licenciements qui sont nécessaires pour
l’entreprise ou parce qu’on veut augmenter les salaires, ce qui nuit à
l’entreprise ? » Car Dassault est formel : « c’est le client qui
compte, pas le syndicat, pas le salarié, pas l’actionnaire. »
Sarkozy lui-même n’est pas apte, selon lui, à résoudre le problème,
car il est « paralysé par les négociations syndicales, par les
partenaires sociaux, par les 35 heures…», le pôvre !
Dassault, lui, aurait fait tout autrement : s’il avait été
Président, les 35 heures, il les aurait abolies « dès le premier jour. »
Même régime pour le contrat de travail à durée indéterminée, qui
explique pour lui le chômage en France car il gêne la flexibilité :
« Il faut que les entreprises soient libres d’embaucher quand elles ont
du travail et de débaucher quand elles n’en ont pas. »
Les fonctionnaires ? Ce n’est pas 30 000 qu’il faut virer selon lui
mais « 40 000, 50 000… Le Président Sarkozy n’a qu’à faire ce qu’il
faut sans en parler. »
D’ailleurs, la privatisation de La Poste lui paraît une excellente idée : « à quoi ça sert d’avoir des activités nationales ? »
Résumons : pour sortir la France de la crise, il faut donc traiter
les salariés comme des kleenex, éliminer les fonctionnaires, et
privatiser toutes les entreprises publiques. Le tout en catimini pour
éviter les grèves, cette plaie. Bref, le salut de la France, pour
Dassault, c’est le modèle américain… Un modèle actuellement en pleine
santé, n’est-ce pas ?
Les Témoins de Jéhovah ont perdu vendredi le procès en diffamation
qu'ils avaient intenté au député Jean-Pierre Brard (app-PCF),
vice-président du groupe d'études sur les sectes, qui en juillet 2006
avait dénoncé leurs agissements au cours d'un reportage diffusé sur TF1
"Je vais vous donner trois exemples où (les Témoins de Jéhovah) sont de
parfaits délinquants", avait déclaré le député de Seine-Saint-Denis le
20 juillet 2006, ajoutant : "Se soustraire à un impôt, condamner des
personnes à mort en leur refusant la transfusion sanguine ou couvrir
des délits très graves comme la pédophilie, vous voyez bien qu'on ne
peut pas seulement s'en remettre à l'opinion publique, mais qu'il y a
des lois qui doivent être appliquées".
Vendredi, la 17e chambre du tribunal
correctionnel de Paris a jugé que ces propos étaient bien
diffamatoires, mais a accordé le bénéfice de la bonne foi au
parlementaire, également membre du conseil d'orientation de la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires (Miviludes).
Le tribunal a jugé que les déclarations du prévenu devaient "être
considérées comme ayant un fondement suffisamment sérieux". "Bien que
non dénuées de violence, elles ne sauraient être regardées comme
excédant les limites admissibles de la libre opinion", a-t-il complété.
"Ce jugement est un véritable réconfort
pour tous ceux qui, au-delà de l'engagement des parlementaires
eux-mêmes, osent mettre en lumière la dangerosité des pratiques de
l'organisation des Témoins de Jéhovah", a réagi M. Brard dans un
communiqué. Nicolas Maury
Il faut le dire clairement, le G8 n’est pas légitime. D’abord G5
en 1974, il est devenu G7, puis G8 avec la Russie, puis G13 avec les
émergents et même G16… Plus le nombre de pays participants augmente,
plus ces mêmes participants montrent ainsi que les problèmes
d’aujourd’hui sont des enjeux universels, et moins ils parviennent à
trouver des réponses -quelles qu’elles soient- à ces mêmes problèmes.
Cette situation témoigne, dans le cadre actuel de la
mondialisation capitaliste, des limites atteintes par les modes de
gestion néo-libéraux et par les politiques de puissance. L’année
dernière, en juin 2007, à Heiligendamm, le G8 avait buté sur la tension
Etats-Unis/ Russie à propos du système anti-missile que G. Bush veut
installer en Pologne et en République tchèque. Le G8 avait dû constater
ses propres promesses non tenues en matière d’aide au développement. Il
était alors resté dans le flou sur l’action à engager concernant le
réchauffement climatique. Il s’était bien gardé de mettre le conflit
israélo-palestinien en tête de l’agenda alors que déjà, en 2007,
l’impasse dramatique d’aujourd’hui était visible. Et sans solution
juste à ce conflit, tous les risques de confrontation régionale majeure
s’aggravent à la porte de l’Europe.
Cette année, le G8 aura montré la même carence, les
mêmes limites, sur les mêmes sujets avec les mêmes flous et les mêmes
promesses.
Avec une différence cependant, Nicolas Sarkozy n’a pas
osé, cette fois-ci, faire part de son « admiration » pour les réformes
engagées aux Etats-Unis, au Japon, en Grande-Bretagne et en Allemagne
sur le front du marché du travail. Les résistances sociales en France
et le tollé suscité par certaines « réformes » de régression sociale
sont passés par là.
Pourtant, en cette année 2008, de grands problèmes
mondiaux ont explosé : les émeutes de la faim, la crise agricole, le
baril de pétrole à 150 dollars et la crise énergétique, la crise
financière, l’inflation qui décuple la pauvreté au Sud, l’urgence
écologique du réchauffement climatique, les tensions exacerbées au
Moyen-Orient, jusqu’en Afghanistan, la crise structurelle de la
construction européenne… Moscou menace de représailles
« technico-militaires » au système anti-missile américain. La
confrontation américano-israélienne avec l’Iran est un risque encore
plus présent. L’impatience africaine (et des ONG du développement) se
fait plus visible…
Tout montre l’urgence de solutions réelles aux enjeux
mondiaux qui interpellent non pas un G-quelque chose mais l’ensemble
des pays du monde car tous les peuples sont concernés. Et des
résistances montent. C’est dans un cadre légitime et universel, comme
celui des Nations Unies, que ces questions devraient être traitées :
une ONU réformée et démocratisée pour une approche multilatérale et des
solutions collectives. Le G8 d’ Hokkaïdo confirme l’exigence d’une
transformation profonde des relations internationales, des institutions
internationales, d’une mise en cause des choix néo-libéraux, des
politiques de domination, des stratégies hégémoniques, en particulier
celle des Etats-Unis.
Dans le monde d’aujourd’hui, le G8 n’a plus de raison d’être. Il vient lui-même d’en fournir la preuve.
Jacques Fath Responsable des relations internationales du PCF
Je vais concentrer mon intervention sur une double
caractéristique de cette présidence française, à savoir son
incontestable point fort et son trop évident point faible.
Son point fort, par rapport aux habituels ténors de
l’Union, c’est qu’elle ne dit pas que l’Europe va bien et qu’elle doit
continuer ainsi, quand de plus en plus d’Européens pensent qu’elle va
mal et que les choses doivent changer. Fort bien.
Mais après ? C’est là que le bât blesse. Quelles
conclusions tirez-vous, Monsieur le Président, de cette apparente
lucidité sur la crise de légitimité que subit aujourd’hui l’Union, en
particulier son modèle économique et son mode de fonctionnement ?
Vous affirmez vouloir comprendre et respecter le
malaise des Européens vis à vis de l’Union. Mais vous faites pression
sur le peuple irlandais pour l’amener à se dédire, alors qu’il n’a fait
qu’exprimer tout haut, après les Français et les Néerlandais, ce que
des millions d’autres Européens ont sur le cœur !
Vous critiquez avec raison la façon dont la BCE gère
l’euro depuis sa tour d’ivoire. Mais vous ne préconisez jamais de
revoir les statuts qui lui octroient cette toute puissance et même lui
fixent cette mission !
Vous affirmez, au sujet de l’immigration, vouloir,
« servir les valeurs qui sont les nôtres », mais vous avez appuyé la
directive de la honte, condamnée par la Haut Commissaire des Nations
Unies pour les Droits de l’Homme, par toutes organisations des droits
de l’Homme comme par les Eglises européennes, précisément parce qu’elle
viole des valeurs humaines essentielles.
Vous évacuez la question sociale - qui doit, selon
vous, rester du seul ressort des Etats. Mais vous ne dites mot de la
Cour européenne de Justice qui rend arrêt sur arrêt mettant en
concurrence les modèles sociaux au sein même de l’Union. Au demeurant
en se fondant sur les articles 43 et 49 du traité.
Vous dites que vous n’avez pas aimé l’image du
« plombier polonais ». Moi non plus ! C’est une formule lancée par la
droite populiste et popularisée à la télévision par M. Bolkestein. Je
dis « Bienvenue aux travailleurs de tous les pays » à égalité de droits
dans tous les domaines. C’est précisément ce que refuse l’actuel droit
européen.
Je rappelle que, selon la Commission, en Basse-Saxe,
pour un même travailleur, sur un même chantier, un travailleur d’un
autre pays membre peut être payé moitié moins que le SMIC qui
s’applique à un travailleur allemand.
Savez-vous ce que pense de ces arrêts un homme non
suspect de populisme comme John Monks, Secrétaire général de la CES. Il
juge ces décisions « considérablement problématiques » car,
souligne-t-il, elles affirment « la primauté des libertés économiques
sur les droits fondamentaux et le respect du droit du travail. » Que
répondez-vous ?
Vous affirmez vouloir construire une « Europe qui
protège ». Mais on ne vous entend pas critiquer toutes ces mesures
structurelles qui précarisent l’existence des Européens : l’obligation
d’ouvrir les entreprises de service public à la concurrence ; les
pressions du Pacte de stabilité sur les salaires et les dépenses
sociales ainsi que nombre de « lignes directrices » préparées par la
Commission et adoptées par le Conseil - que vous appliquez dans votre
propre pays avec zèle.
Citons la « ligne directrice » n°2 : réforme des
régimes de retraites, de sécurité sociale et de soins de santé. « Ligne
directrice » n°5 : flexibilité des marchés du travail. « Ligne
directrice » n°13 : suppression des obstacles réglementaires,
commerciaux et autres qui entravent indûment la concurrence. Et j’en
passe.
Le retournement de la position de la France - et de
l’Italie -, vient même de permettre au Conseil d’aller au-delà des
obligations qu’il s’était fixées en se mettant d’accord sur un projet
de directive autorisant la semaine de 65 heures ! C’est Dickens sacré
nouveau « père de l’Europe ! »
Un dernier mot, Monsieur le Président : vous avez, ce
weekend, devant vos invités européens - le Président du Parlement et
celui de la Commission - et face à 2000 cadres de la droite française,
conclu votre discours par une formule interprétée par la totalité du
mouvement syndical comme une provocation - au demeurant fort imprudente
- en affirmant que « désormais, quand il y a une grève, les Français ne
s’en aperçoivent même plus ».
Le lendemain de ce haut fait, votre ministre de
l’éducation nationale expliquait que c’était là « une manière de
rassurer nos partenaires (européens) en présence des plus éminents
d’entre eux. » Eh bien, si pour rassurer les dirigeants européens, il
faut à présent insulter les syndicats, c’est qu’il est décidément
urgent de changer l’Europe ! Mais pour de bon.
Pneumatique . Détermination devant les grilles de l’usine d’Amiens alors que la justice ordonne la levée du barrage.
Amiens (Somme), envoyée spéciale.
Un « jour de grève comme les autres » hier sur le parking de l’usine
Goodyear d’Amiens. Tas de pneus qui brûlent, musique qui grésille dans
les baffles, allées et venues de journalistes… Ici, pas question de
qualifier la journée de particulière. « Pour nous, il n’y a pas de date
butoir », répète sans cesse la cinquantaine de salariés présents, en
référence aux propos de la direction qui avait donné aux syndicats
jusqu’à hier 16 heures pour entériner le changement d’organisation du
temps de travail en 4 x 8. Si la CFE-CGC et la CFTC ont signé l’accord,
FO, SUD et CGT (majoritaire) y restent fermement opposés. « On est
soutenu par la majorité des salariés qui se sont spontanément mis en
grève depuis vendredi », se félicite Mickaël Wament, secrétaire du
comité d’entreprise et délégué CGT.
Non, hier à Amiens, les grévistes se sont montrés beaucoup plus
loquaces sur le lock-out imposé par Goodyear depuis lundi. « La
direction a prétexté des violences pour tout fermer et déserter
l’usine », explique Virgilio Mota da Silva, syndicaliste SUD, à un
huissier venu constater l’impossibilité de travailler. « Je ne sais
même plus qui est gréviste et qui ne l’est pas… On n’a plus accès à nos
locaux, il n’y a plus personne au poste de garde. Pour nous, la liberté
du travail, c’est important ! » Depuis lundi donc, se joignent aux
grévistes des intérimaires déboussolés. « La direction m’empêche de
gagner de l’argent ! », peste Stéphane, de passage chez l’équipementier
automobile. « Ma boîte d’intérim me dit d’attendre car en principe je
suis en mission, mais Goodyear ne me paiera jamais des heures que je
n’ai pas effectuées ! Je suis coincé, ma boîte d’intérim ne va jamais
s’opposer à Goodyear. » Embauchés en mai, 300 intérimaires renouvellent
depuis leur contrat semaine après semaine, avec de moins en moins
d’envie. « Qu’il y ait les 4 x 8, le plan social ou la fermeture de
l’usine, on sera toujours les premiers virés. » Sur le portail fermé à
clé, une pancarte : « Les méthodes de Goodyear nous écoeurent. »
En CDI depuis 2002, Johan n’a pas hésité lors du référendum fin
juin. À la question « pour la sauvegarde de votre emploi, acceptez-vous
le changement d’organisation du temps de travail et ses
contreparties ? », il a répondu « non ». « J’ai voté par courrier, j’ai
su que les syndicats appelaient au boycott trop tard ». Si le oui a
obtenu 73 % lors du référendum, cela ne représente que 328 voix sur 1
500 salariés et les syndicats refusent donc sa légitimité. Depuis Johan
assure le piquet de grève sans relâche. « Si les 4 x 8 sont appliquées
dans l’entreprise, je me barre. » Johan et ses collègues refusent de
faire de « nouveaux sacrifices », « le boulot est déjà trop dur comme
ça ». Comme preuve, ils brandissent un courrier de soutien envoyé par
un psychiatre, Claude Nachin. « Le changement de rythme permanent, le
travail posté avec travail de nuit sont la source de davantage de
maladies physiques et psychiques au détriment des travailleurs, de
leurs familles et de la Sécurité sociale… Avec les 4 x 8, on atteint la
folie », peut-on lire dans le texte écrit par le médecin. En retrait
jusqu’alors, un salarié s’approche. « Goodyear oblige même ses employés
à continuer à travailler quand ils sont malades. » Didier sait de quoi
il parle, il est secouriste sur le site depuis 1989. « Quand quelqu’un
se blesse, le chef lui demande de ne pas le déclarer. S’il va à
l’hôpital, on lui dit de refuser de se mettre en arrêt de travail,
sinon il sera le prochain sur la liste des licenciements. » Portant
Didier l’assure, des accidents « il y en a au moins trois par jour
depuis qu’il faut faire du chiffre » : mains broyées, doigts coupés,
brûlures…
« On n’acceptera jamais les 4 x 8 », affirme Pinto, qui depuis huit
ans travaille 24 heures chaque week-end pour 1 400 euros. « Toutes les
usines où Goodyear les a mis en place, en Angleterre, au Texas, en
Australie… ont fermé quelques mois après. » Aujourd’hui, même si le
site d’Amiens acceptait la mise en place des 4 x 8, la direction a
prévenu qu’elle supprimerait 400 des 1 500 emplois en trois ans.
« S’ils veulent fermer le site, ils devront nous payer très cher. »
Hier soir, suite à une plainte déposée par la direction pour « entrave
à la liberté du travail », le tribunal de grande instance d’Amiens a
ordonné aux grévistes de dégager l’entrée de l’usine sous peine de 2
000 euros d’astreinte par infraction constatée. Réaction immédiate
devant les grilles de l’usine d’Amiens : « On veut bien arrêter de
faire cramer des pneus mais pas plus. Le droit de grève, ça existe
encore. »
Des militaires, de réserve ou à la retraite, ont tenté
de manifester, jeudi 10 juillet en début de soirée, sur les
Champs-Elysées pour protester contre “le manque de soutien moral” à
l’armée des “personnes politiques en charge”. Ils se sont vus interdire
leur manifestation par l’Elysée, selon l’un des organisateurs. “Sous
pression de l’Elysée, la préfecture de police a interdit notre
manifestation”, a déclaré Laurent Attar-Bayrou, président de la FNAME
(Fédération nationale des anciens des Missions extérieurs). “C’est une
démocratie à deux vitesses”, ajoute-t-il. “Il y a des gens qui ont le
droit de manifestation même s’ils l’ont dans la loi. Nous sommes
revenus à un niveau de démocratie de certains pays qui seront présents
lors de la cérémonie du 14 juillet”. Ces militaires se sont, en
revanche, invités à la cérémonie quotidienne et officielle en mémoire
du soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe.
Doutes sur le défilé du 14 juillet
Ces anciens soldats ou de réserve - mais qui
représentent l’opinion majoritaire des militaires d’actives (interdits
de manifestation par la loi) - voulaient en effet également dénoncer”
la présence du président syrien à la tribune du 14 juillet, où nos
troupes seront obligés de lui rendre les honneurs, bien que son pays
soit tâché du sang des 91 français morts en 1983 au Liban”. Ces
protestataires s’étaient réunis à l’appel de la Fédération Nationale
des Anciens des Missions extérieures et de l’Association internationale
des soldats de la paix. Pour le “véritable” défilé du 14 juillet, des
incidents ne sont pas à exclure. La FNAME, qui réunit des anciens
soldats des opérations extérieures (OPEX), appelle publiquement à
porter un brassard noir en signe de protestation lors du défilé
officiel. Pire : des militaires d’active, qui doivent participer au
défilé, envisagent de faire un geste de mécontentement. Certains
penseraient à tourner la tête, non pas vers la tribune officielle, où
se trouveront les Présidents Sarkozy et Al-Assad, mais dans le sens
opposé. Notamment, les futurs officiers de la promotion de Saint Cyr,
baptisée “Lieutenant Antoine de la Batie”. Un brillant officier, mort à
28 ans, dans de l’attentat de Drakkar.
Un affront de plus ?
L’ambiance se dégrade d’autant plus, que selon Jean
Guisnel, spécialiste de la défense du Point, le président Sarkozy ne se
rendra pas le 13 juillet au soir à la traditionnelle garden party dans
les jardins du ministère de la défense, en l’honneur des unités
militaires qui défileront le lendemain. Selon le Point,” la version
donnée par l’Elysée aux services de la défense invoque un problème
d’emploi du temps”. Trop occupé par le sommet de l’Union
méditerranéenne, et par ses multiples obligations, le Président “n’a
pas pu trouver un quart d’heure pour faire un saut” à la réception. Un
affront de plus, - de trop ? -, pour les militaires.