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de Bernard LAMIRAND
Un peu d’histoire
Pendant très longtemps le plupart des français n’avaient aucun moyen et aucune possibilité d’assurer leur santé et leurs vieux jours.
Seuls, quelques privilégiés, pouvaient se soigner moyennant « espèces sonnantes et trébuchantes » et les autres devaient endurer leur souffrance.
Ce sont les mutualistes qui ont créés les premières formes de solidarité particulièrement pour faire face à l’exploitation féroce qui régnait au 19eme siècle dans les usines et les mines, au travail des femmes et des enfants dans les pires conditions, aux maladies et accidents du travail des ouvriers qui se développaient.
La charité était la seule bouée de sauvetage pour les plus pauvres avant les caisses de secours.
Par contre prospéraient déjà les compagnies d’assurances qui pouvaient offrir une certaine assise de sécurité sociale aux gens qui avaient les moyens.
Devant ces inégalités de plus en plus criantes au sortir de la deuxième guerre mondiale, les résistants à l’occupation nazi et à au régime de collaboration de Pétain, créèrent la sécurité sociale.
Cela ne se fit pas sans luttes et toute la première partie du 20eme siècle fut consacrée à la bataille pour que naisse ce système de sécurité sociale solidaire.
Les communistes y jouèrent un grand rôle avec la CGT.
L’assurance maladie de la sécurité sociale en fut la
résultante. C’est la solidarité qui l’emportait sur la charité et le
chacun pour soi.
Nous le devions au conseil national de la résistance sur l’insistance
des communistes et c’est un ministre communiste, Ambroise Croizat, qui
fut chargée de mettre en place la plus belle conquête sociale de la
libération : la sécurité sociale.
C’est à cette solidarité qu’aujourd’hui la droite et le patronat s’en prennent.
Qui est derrière la dégradation de la sécurité sociale solidaire ?
Evidemment ceux qui veulent se faire du fric sur les malades.
Nous sommes conviés à un retour au chacun pour soi.
Les sociétés d’assurance sont évidemment intéressées
par le pactole que représente le budget de la sécurité sociale : un
budget qui égale celui de la France ; de quoi attirer les appétits du
monde des affaires comme on dit.
Faire du profit sur les malades cela ne les gênent absolument pas.
Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF et dirigeant des
assurances, ne s’est d’ailleurs pas trompé : l’arrivée de Sarkozy au
pouvoir lui permet d’ouvrir une brèche béante dans ce qui caractérise
l’assurance maladie : la solidarité.
Son discours est une revanche de ce patronat corrompu et collaborationniste avec les nazis car la sécurité sociale solidaire s’est faite contre son avis. Pour Kessler, il faut remettre en cause tout ce qui est vestiges des communistes à la libération.
Quel est le but des manœuvres actuelles ?
Tout simplement de remettre dans la sphère du privé
l’essentiel de la protection sociale et particulièrement de notre
système de santé.
De même de réduire l’hôpital public à un système de « voiture balais ».
Ainsi, chacun devrait s’assurer individuellement dans les compagnies
d’assurances et la solidarité nationale serait réduite à la portion
congrue que pour les plus démunis.
On en reviendrait ainsi à une médecine discriminatoire en fonction de l’argent dont on dispose.
Un système à l’Américaine, qui plait d’ailleurs à Sarkozy, mais il faut savoir que des dizaines de millions d’américains en sont dépourvus et que plusieurs milliers d’américains meurent chaque année faute de soins où par impossibilité financière de se soigner.
Donc une médecine et une santé placée sous l’autel du
fric. Cela n’aurait plus rien à voir avec la sécurité sociale actuelle
déjà fortement sapée par les coups de boutoirs des assurances privées.
Une logique de faire du fric sur le dos des malades.
C’est donc à quoi s’attache ce gouvernement : créer les
conditions d’un renversement de logique et de passer de manière
évolutive d’un système solidaire pour tous à un système particulier où
les règles du marché dominent et où chacun se paye sa médecine en
fonction de ses moyens.
Les mesures prises depuis une dizaines d’années autant par les
gouvernements de droite que socialistes engendrent ce système
inégalitaire que l’on veut nous imposer au nom du libéralisme et de la
concurrence libre et non faussée.
Les conséquences.
Ainsi après les forfaits hospitaliers s’agglutinent maintenant les franchises de toutes sortes et les déremboursements de plus en plus nombreux, de même une médecine déconventionnée avec des stars de la médecine et des dessous de table.
Se soigner devient de plus en plus cher au point que des personnes modestes hésitent pour se rendre chez le médecin où refusent certains médicaments non remboursés.
A l’hôpital, la concurrence est entrain de faire des ravages : l’hôpital public est sommée de mettre sa déontologie au vestiaire et de se comporter comme des centres de profits.
Les établissements privés, « chouchous » du pouvoir, reçoivent des subventions et sont dotés de moyens financiers qui manquent à l’hôpital public chargé de tout ce qui est moins profitable.
Tout cela entraîne une grande fragilisation de moyens publics de santé.
Ainsi les français sont sommés de choisir le niveau de leur santé en fonction de leur porte feuille.
L’inégalité d’accès aux soins est ainsi favorisée.
C’est donc l’inverse de la solidarité où tout le monde
cotise pour s’offrir un système de santé où les règles du profit sont
exclues.
L’idéologie dominante prend prétexte du « trou de la sécurité sociale »
pour prendre des mesures qui nous entraîne automatiquement vers des
choix mercantiles.
Un proverbe dit : « quand on ne veut plus de son chien on dit qu’il a la rage », c’est le scénario qu’ont choisi la droite et le patronat pour casser ce monument de solidarité qu’est la sécurité sociale.
Un trou créé de toutes pièces
Ce trou provient du travail de sape exercé pendant des décennies pour rendre le système de santé déficitaire et de mettre ainsi les français devant un fait accompli ; la sécurité sociale ne peut plus assurer la couverture de tous les français.
Le retour au privé serait alors le seul moyen d’assurer
le devenir de notre santé avec toutes les inégalités que cela
comporterait.
Les hôpitaux privés pourraient alors pratiquer une santé lucrative sans aucune entrave.
La générale de Santé, officine privée, devenue maintenant une multinationale, pourrait alors conquérir davantage de marché sous le dos des malades.
La solidarité ne serait plus alors qu’un vieux souvenir et des millions de français devraient payer des primes d’assurances toujours plus élevées pour assurer leur santé et celles de leur famille.
La charité et les institutions caritatives pourvoiraient pour les plus pauvres avec une médecine minimale.
Il serait scandaleux que des grands groupes s’engraissent sur le dos des malades et des personnes âgées. Nous avons toutes les raisons pour se battre tous ensemble contre ce déni de santé.
Alors on débat sur solidarité ce que cela veut dire et son contraire le chacun pour soi.
Le parti communiste prépare son congrès, il a besoin de définir quels sont les actes qui conduisent à établir du communisme dans la vie de tous les jours de nos concitoyens.
La première chose s’est d’engager le débat avec les salariés et les retraités sur la gratuité de la santé.C’est gagnable et cette bataille nous devons la mener tout de suite avant qu’ils en finissent avec la solidarité ou ce qu’il en reste
Retirer donc des pattes du profit tout ce qui a trait à la santé de l’homme, de la femme et de l’enfant.
Pourquoi pas des états généraux de la sécurité sociale dans toutes la france.
Croizat a fait la sécurité sociale, ne laissons pas Kessler défaire notre solidarité.
Bernard LAMIRAND PCF J’y tiens
De : BABEUF42
jeudi 5 juin 2008
site BELLACIAO





