Par Pierre BOUKHALFA le mercredi 28 mai 2008, 23:33 - Média - Propagande - Lien permanent
La campagne de diffamation des fonctionnaires a commencé il y a environ 20 ans.
Buts :
- Privatisation de toutes les Fonction Publiques afin que les revenus
générés essentiellement par le commerce des armes et du nucléaire
(pricipaux revenus de notre pays) soient au maximum réinjectés dans ces
deux activités tournées vers le bien-être des poplations !), ainsi que
tous les impôts payés (ils ne diminuent pas) à partir de revenus
générés par d’autres activités, dont les futurs fameux “services
publics” QUE NOUS PAIERONS. En effet, le Traité de Lisbonne, la
soumission totale à l’OTAN, couronnement, cerise sur la pièce
patiemment montée du néo-libéralisme guerrier, oblige les états membres
à privilégier “l’effort de guerre” !.
- Consensus général pour laisser faire la casse totale de la Fonction
Publique : pas (trop de) de grèves ni de “mouvements sociaux”
- Conserver quelques “hauts fonctionnaires d’Etat” sur-payés et ayant
un pouvoir important sur tous les “services” privatisés(éventuellement
ils sont mis à la disposition d’entreprises privées, comme les banques,
par exemple). Double avantage : leur dévouement de carpette au
néolibéralisme, le simulacre de fonction publique qu’ils représentent,
dont leur coût ! . (Eux ne seront jamais appelés “services publics” !)
Moyens :
Première étape : DIFFAMATION DES FONCTIONNAIRES
Obtenir que “l’opinion” cible des personnes et non pas une
institution : créer la jalousie et la rumeur. Entre voisins. entre
amis. A l’intérieur des familles.
La rumeur : diffamation des fonctionnaires par tous les media sur les
thèmes suivants : INCAPABLES, PARESSEUX, GROGNONS, LENTS, BORNES,
TATILLONS et MOCHES (ne correspondant pas à des gravures de mode).
La jalousie : faire croire que les fonctionnaires ont des privilèges
exhorbitants. En inventer (ex : le diapo sur les agents de la SNCF) qui
sont de plus payés par tous. Donner aux gens l’impression qu’on les
prend pour des cons.
Rumeur et jalousie, à l’intérieur même des corps de fonctionnaires en
attisant ou créant des rivalités. En attisant la jalousie des statuts
moyens contre les “intellos” de la classe du dessus.
Cibler particulièrement les prof’s et les instit’s. Commencer par les
débaptiser pour ôter le respect qui était attachés à ’”l’instituteur”
ou au “professeur”. Une fois devenus “enseignants”, les voilà devenus
moins respectables. Encourager le mépris et la haine des “intello”
(c’était déjà pareil sous Hitler).
Culpabilser à outrance chaque fonctionnaire pour “ce qu’il coûte”
D’une manière générale, rebaptiser toutes les fonctions, si possibles
au profit de sigles, sans histoire et sans âme (L”hopital ne compte
plus de médecins, mais ceux-ci sont des “PH” parmi d’autres, par
exemple)
Création d’associations d’usagers, dont le rôle sera d’attiser les
mécontentements, soigneusement créés par la suite, afin qu’ils donnent
une dimension sociale à “la rumeur”
Deuxième étape : DIFFAMATION DE LA FONCTION PUBLIQUE et INTRODUCTION DES “SERVICES PUBLICS”
Celle-ci étant assurée par des individus INCAPABLES, PARESSEUX,
GROGNONS, LENTS, BORNES, TATILLONS et MOCHES, ne saurait être qu’à leur
image.
Nommer systèmatiquement la Fonction Publique “services publiques”, de
manière à faire disparaître le terme de FONCTION PUBLIQUE, en
introduisant la confusion : “c’est pareil !”. NON ! CE N’EST PAS
PAREIL ! Les “services publics” sont privés, et donc soucieux avant
tout de leurs actionnaires, qui vont absorber la plus grande partie
possible des “revenus” générés par le “service”.
Diminution des moyens accordés, en général, mais gratifications
concernant des petits groupes (un peu de verroterie pas chère, et ils
la ferment)- multiplication des règles entravant le fonctionnement -
multiplication des postes d’administratifs - multiplication des tâches
d’évaluation - rendant très difficile le VRAI travail, de façon à ce
que les fonctions publiques ne puissent réellement plus assumer leurs
missions.
Culpabilisation de chaque agent en particulier (nombreux nouveaux
administratifs embauchés pour ça) et déclarations publiques faussement
affligées de “constater” cette “incapacité”
Campagne pour attiser la révolte du public en lui faisant disant qu’il paie avec ses impôts une institution qui le gruge.
Supression sur les “papiers officiels” des mentions “REPUBLIQUE
FRANCAISE”, “Ministère de…” (courriers, bulletins de salaire, etc…).
(”"LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE” effacés bien auparavant de tous les
documents officiels français)
Aboutissement : La honte d’appartenir à un corps aussi méprisé du
public, la honte d’être fonctionnaire. Ceci fait taire toute
revendication (ça a particulièrement bien marché dans la Santé, et ça
ira aussi très bien dans la police, ce qui permettra la multiplication
milices privées)
Supports de deux sortes
Tous ceux qui alimentent la rumeur, et, donc, ne sont pas officiels.
Les supports qui sont publics le seront sous le label de l’”humour”. La
naissance d’Internet a bien aidé à la diffusion de la rumeur : blagues
et diapos moquant les fonctionnaires.
Les supports officiels seront utilisés pour donner de (faux) chiffres à
l’apparence savante, pour jouer les pleureuses et déguiser les mesures
entrainant l’impossibilité de fonctionner en “louables intentions” (…
ou promesses présidentielles !)
Nous avons tous marché dans la combine. Y compris, évidemment, les
fonctionnaires, qui n’osent plus sortir de dessous la moquette ou ils
se cachent. Ou ignorent même qu’ils appartiennent à cette catégorie
répugnante, car tout est fait (effacement des inscriptions sur les
documents) pour que ceux qui ne veulent pas le savoir ne le sachent pas
(fréquent dans la Santé).
Nous avons tous marché dans la combine, si bien que :
- Nous allons payer l’école de qualité, qui autrefois était gratuite.
Encore que sa “qualité” sera réduite à l’utilitaire, et ne délivrera
pas une vraie culture (qui serait non génératrice de fric). Si nous ne
pouvons pas, nos enfants se contenteront d’un “public” réduit, au
meiux, à un peu plus que de la garderie, avec du personnel flexible,
jetable, non formé, et sans moyens.
- Nous allons payer les soins de qualité quand nous serons malades (ce
mot n’existe pratiquement plus, non plus, dans les termes officiels :
nous sommes censés souffrir parce-que nous n’avons pas respecté les
consignes de “l’éducation à la santé” - donc c’est de notre faute -
donc nous devons payer, dans le sens moral, et donc dans le sens …
financier ). Si nous ne pouvons pas payer… nous aurons 20 fois le temps
de mourir avant qu’un des rares médecins qui restera pour les
sans-le-sou, épuisé, bénévole retraité, ou immigré à la carte de séjour
renouvelable, puisse nous soigner.
- Notre “sécurité” sera assurés par des milices privées, lesquelles ne
sont pas assujetties aux mêmes lois et règlements que ne l’est la
police. Il convient donc de bien faire détester la police afin de la
faire disparaître comme le reste. Ne pas poursuivre les “petits
emmerdeurs”, ne pas retrouver les objets volés, etc… afin que
“l’opinion” soit persuadée que la police est incapable, et demande plus
de “sécurité”. Encourager à la cruauté, et ne pas sanctionner les abus.
Avec les milices, la cruauté et les abus seront toujours là, mais ils
rapporteront des sous à des actionnaires, et nous aurons encore moins
de recours.
- Les guerres, que notre pays sera obligé par l’OTAN de mener, le
seront par un reliquat d’armée, non populaire mais composée de
crêve-la-faim, et par des mercenaires, crêve-la-faim également,
flexibles, jetables, taillables (en pièces) et corvéables à merci. Ce
sera peut-être nous ou nos enfants.
- La Justice ne sera plus que rarement rendue par de vrais juges, mais
elle le sera par une multitude de “médiateurs” et autres “juges de
proximité” ou autres “auxiliaires”, peu payés (donc… … ) ou carrément
bénévoles (compensation en bling-bling : être invité à manger par la
préfecture, par exemple), formés à un minimum de droit pour en savoir
juste un peu plus que les plaignants et les accusés. Un avocat qui
connait le droit, et qui connait le “juge” ou son équivalent moins
cher, sera un atout précieux mais coûteux. Les juges fonctionnaires qui
subsisteront seront sur-médiatisés lors des procès de moeurs, qui
distraient et occupent le public, en canalisant ses émotions sur
quelques “salauds” , afin qu’il ne voie pas les autres malhonnêtes gens
(prestidigitation). Les “affaires financières” sont, peu à peu, mises
hors-la-loi, donc hors-justice. Comme c’est pas très sexy, une affaire
financière, ça passe très bien.
- Nous allons devoir payer beaucoup plus cher l’énergie pour se
chauffer, s”éclairer, cuisiner : aux mains du privé, notre consommation
devra faire grossir le portefeuille insatiable des actionnaires.
- Nous allons devoir payer plus cher des moyens de communications
(courrier, transports, téléphone) pour les mêmes raisons que plus haut.
Ils fonctionneront par ailleurs plus mal, car aucune coordination
n’aura le droit et/ou les moyens de freiner “la concurrence libre et
non faussée”, et aussi parce-que des travailleurs flexibles, jetables,
mobliles, et peu formés pour être moins chers seront employés par les
entreprises privées afin d’augmenter les bénéfices des actionnaires.
C’est pourquoi, en Angleterre, les trains se rentrent dedans.
Nous tous, Messieurs et Mesdames (ou “Mesdames et Messieurs”, pour ceux qui ont voté Ségolène), que nous soyons fonctionnaires - et usagers d’autres fonctionnaires - ou pas, que nous ayons voté UMPS ou pas, nous allons devoir payer éducation + santé + justice, qui étaient, depuis 60 ans, payés avec nos impôts. Nous payerons, cependant, autant d’impôts que d’habitude (si pas davantage), cependant.
Nous ne seront pas protégés de la violence, qui ne peut que se développer dans ces conditions. Nous verrons partir à la guerre, se faire tuer et irradier, notre jeunesse (devenue inculte et pauvre), afin, non pas de défendre notre pays contre une invasion quelconque, mais afin de conquérir de nouvelles richesses pour les déjà très riches, de France ou d’ailleurs.
Troupeau Français, peut-être est-il temps de s’apercevoir que la cape portée par celui qui se fait passer pour ton “Bon Pasteur”, celui qui te ramène à l’étable le soir, et t’endort devant la télé, est en réalité la cape du diable du Moyen-âge? Il est rusé, le Malin, et il n’y a pas de honte à se faire avoir. En revanche, une fois qu’on l’a reconnu, il y en aurait à lui vendre son âme.