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blog de soutien a la campagne électorale de MARIE-GEORGE BUFFET

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La xénophobie tue encore .

Par domik27 :: 08/04/2008 à 22:26

Sans-papiers . Vendredi soir, un jeune Malien s’est noyé dans la Marne en tentant d’échapper à un contrôle de police. Il était sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière.

En choisissant comme thème « La xénophobie tue » pour la manifestation de samedi, ses organisateurs ne pensaient pas être si immédiatement confortés dans leur indignation et leur colère. Baba Traoré, vingt-neuf ans, Malien, est mort, vendredi soir. Interpellé dans l’après-midi par la police du RER, à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne, soupçonné de défaut de titre de transport, il a présenté son abonnement, mais a été pris en charge par la brigade anticriminalité présente sur les lieux. Il n’avait pas de papiers d’identité, mais a donné son nom à la police, avant de s’échapper. Il se serait jeté dans la Marne, alors qu’il était poursuivi par un policier. Il se savait sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière. Il a été repêché dans un état critique et est mort à l’hôpital des suites d’un arrêt cardiaque. L’inspection générale des services, la police des polices, a été chargée de l’enquête.

C’est la troisième fois que le pont de Joinville est le théâtre de ce genre de drame : une noyade plutôt qu’une arrestation. Un jeune tagueur, Michael, est mort noyé, poursuivi par la brigade anticriminalité du Val-de-Marne, alors qu’il était hydrophobe et ne savait pas nager. Le conducteur d’une voiture en stationnement, avec des papiers en règle, mais noir, est aussi mort noyé en se jetant dans la Marne. Mais Baba Traoré n’est pas non plus la première victime de la chasse aux sans-papiers et de la politique anti-immigration en France. Ces morts laisseront des séquelles indélébiles.

SUICIDÉS POUR REFUS DU DROIT D’ASILE

On se souvient de Mme Chunian Liu, qui s’est défenestrée à Belleville, à Paris, en tentant de s’échapper quand elle a vu arriver la police. On se souvient d’Ivan, jeune Tchétchène, tombé de son immeuble à Amiens, dans la Somme, en tentant, avec son père, de fuir la police qui entrait dans l’appartement pour les arrêter pour défaut de titre de séjour. On se souvient aussi du jeune sportif kenyan, John Maïna, qui s’est suicidé quand le droit à l’asile lui a été refusé, il y a deux mois, alors que la police et la milice, dans son pays d’origine, lui promettaient une mort certaine. On se souvient, à Toulouse, de Tarek, Tunisien de vingt-quatre ans, qui s’est jeté du quatrième étage, transporté dans le coma à l’hôpital et dont personne ne sait ce qu’il est devenu. On peut aussi y ajouter les suicidés en centre de rétention.

La politique d’immigration tue aussi à l’étranger les expulsés du territoire, déboutés du droit d’asile parce que l’Office français de protection des réfugiés et apatrides ne veut pas croire les dangers encourus dans leur pays. Ainsi, Elanchelvan Rajendram, père de famille sri-lankais et tamoul, abattu par l’armée, il y a un an, devant sa maison sous les yeux de sa femme, quelque temps après son expulsion de France. Il est impossible de connaître le nombre de personnes disparues ou emprisonnées à leur arrivée. Demain, par exemple, Mustafa Palta, Kurde, condamné à dix ans d’emprisonnement par le gouvernement turc sous l’accusation d’appartenir au PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, risque d’être renvoyé dans les geôles turques si le préfet du Puy-de-Dôme n’use pas de son pouvoir discrétionnaire et n’entend pas la menace qui le guette.

Un hommage a été rendu, hier soir à Joinville, à Baba Traoré. Parmi quelques centaines de personnes, on notait la présence de Mgr Gaillot, de Christian Favier, président du conseil général du Val-de-Marne. Un rassemblement est annoncé, demain à 18 heures à Créteil, devant la préfecture, par le Réseau éducation sans frontières du Val-de-Marne.

Émilie Rive

l' Huma du 07 / 04 / 08

LE RETOUR DU PLOMBIER .

Par domik27 :: 08/04/2008 à 22:15

Editorial par Maurice Ulrich

Le retour du plombier

Nous sommes tous des plombiers polonais aurait pu être l’un des slogans de la manifestation des syndicats européens qui a réuni samedi en Slovénie quelque 30 000 salariés de 29 pays. On se souvient sans doute comment la peur irrationnelle du plombier polonais avait été utilisée pour caricaturer, voici quelques années, tous ceux qui rejetaient, avec la directive Bolkenstein, une Europe du dumping social. Ringards, chauvins, nonistes abrutis incapables d’articuler un oui intelligent… Samedi, c’est par-delà les frontières que se sont retrouvés des salariés de tous les pays européens, absolument tous, avec 54 syndicats, pour des augmentations de salaires. Depuis plus d’une semaine, c’est par-delà les frontières que les salariés de Renault en France apportent leur soutien à leurs collèges de Dacia, en Roumanie, qui revendiquent à juste titre des augmentations de salaires. Qui a peur de l’autre ?

L’inquiétude, elle était samedi chez les ministres européens des Finances, réunis au moment même où se tenait cette manifestation. Tous ont appelé, avec une touchante unanimité, à la modération salariale. Tous ont invité à ne pas suivre, surtout, le déplorable exemple de la fonction publique allemande, qui, après des mois de gel, vient d’obtenir 8 % étalés sur deux ans. Réponse d’un responsable syndical allemand :

« Si nous pouvions nous immiscer dans la politique des taux d’intérêt avec la même véhémence, je serais vraiment content. »

La remarque, de fait, vaut son pesant d’euros. Le seul organisme sur lequel les institutions de l’Europe,

et a fortiori les peuples, n’ont aucun droit de regard, c’est la BCE, que les ministres des Finances suivent docilement. La Banque centrale européenne, laquelle surveille en revanche les salaires comme le lait sur le feu… Mais laisse filer les prix et les dividendes.

Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres, a ainsi commenté le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats, John Monks. L’Europe sociale n’est pas dans les textes. Ceux-ci, au contraire, visent à mettre en concurrence les salariés entre eux. La directive Bolkenstein, sortie par la grande porte après avoir été démasquée, est revenue par la fenêtre sous un autre déguisement. La manifestation de samedi est une riposte d’ampleur. L’union sur des objectifs communs des salariés de tous ses pays peut être une idée neuve en Europe. La grande idée neuve de l’Europe peut-être, et ses effets d’entraînement pour l’ensemble des salariés du monde seraient alors considérables.

La question des salaires est au centre des conflits sociaux ces derniers temps. Parce que c’est d’abord là que se joue le conflit entre le capital et le travail. On sait que la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de près de dix points en France depuis 1982, selon les chiffres de l’INSEE. De près de neuf points pour l’ensemble de l’Europe. La semaine passée, en France, des arrêts de travail pour les salaires ont eu lieu à la Redoute, chez Manpower, chez Picard, Mondial Assistance, au Crédit lyonnais, au Crédit du Nord.

Cette semaine ce sera chez BNP Paribas, à la Banque populaire… Il s’agit, dans tous ces cas, de grands groupes qui versent chaque année de confortables dividendes à leurs actionnaires. Mais la question

des salaires n’est pas que de justice. La crise financière mondiale est celle d’un moteur suralimenté. À force de gonfler, il s’étouffe et cherche à toute force comment restaurer ses profits, là où ils sont menacés et en faisant payer les salariés et les peuples. Augmenter les salaires, c’est remettre de l’argent dans l’économie réelle, la consommation, la croissance. Redonner, dans tous les pays, sa place au travail et leur place aux salariés. Plombiers ou pas, Polonais ou non.

l' Huma du 07 / 04 / 08

Clamecy résiste encore et toujours .

Par domik27 :: 08/04/2008 à 22:01

La maternité a fermé ses portes le 31 mars. Mais ses défenseurs continuent de se mobiliser et réfléchissent à une action à l’échelle nationale.

« La semaine dernière, on était sous le choc. » Comme tous les défenseurs de la maternité de Clamecy (Nièvre), Laure Stengel a eu du mal à accuser le coup. Le 31 mars, la maternité a fermé ses portes. Pendant des mois, usagers, praticiens, élus, syndicats se sont mobilisés pour ne pas en arriver là. « En janvier, nous, élus, avons pris le relais des usagers qui étaient arrivés au bout de leur action », raconte Rosemay Jeantet, maire de Taconnay.

À l’approche des municipales, les maires des cantons environnants ont redoublé d’efforts, prenant des arrêtés symboliques « d’interdiction aux femmes de procréer » et allant jusqu’à refuser d’organiser le premier tour des élections. « Il fallait faire quelque chose de fort pour se faire entendre, poursuit Rosemay Jeantet. Ici, c’est le désert à tous les niveaux : les écoles, le Trésor public, la poste… tout ferme. Si on touche à l’hôpital, qu’est-ce qu’on va devenir ? Car on le sait : quand on ferme la maternité, c’est la chirurgie qui suit, puis les autres services, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que la gérontologie. Ce n’est pas la réponse adaptée, ni même pour les personnes âgées. » À Taconnay, sur les 84 inscrits, aucun n’a voté.

Mais tout cela en vain. Le 31 mars, la maternité a fermé ses portes. « L’État s’est débiné en revenant sur la dérogation d’exception géographique qui courait jusqu’en 2011, déplore l’élue. Maintenant, il faut faire 60 km pour aller à Auxerre ou Nevers. » Symboliquement, les élus ont accroché leur écharpe tricolore aux grilles de l’hôpital. « À Clamecy, 30 % des femmes sont soit seules, soit sans moyen de locomotion, soit dans des situations précaires. Qu’est-ce qu’elles vont devenir ? s’interroge l’élue. Si on perd l’accès aux soins, on met en péril la population. Quel avenir on veut pour le territoire ? »

Parce qu’ils espèrent pouvoir revenir en arrière, les défenseurs de la maternité de Clamecy n’ont pas baissé les bras. Dernière action en date : une caravane « de survie » a été installée devant la mairie. Chaque jour, deux personnes s’y installent pour un jeûne de 24 heures. « C’est un nouveau combat contre le désert médical. C’est un moyen de faire parler de la maternité tous les jours », explique l’élue. Mais les militants cherchent à rebondir au-delà de l’action locale. « On ne pourra pas tenir éternellement à Clamecy. Il faudrait un relais au niveau national. Pourquoi ne pas envisager d’installer une caravane de ce genre devant l’Assemblée qui, chaque jour, se ferait l’écho d’un hôpital menacé ? imagine Rosemay Jeantet. Le député PS Christian Paul, qui a déjà passé une nuit dans la caravane, nous a d’ores et déjà apporté son soutien. »

À fond dans ce combat, Rosemay Jeantet se dit même prête à démissionner de ses fonctions, comme l’avaient fait les élus creusois en novembre 2004 pour défendre les services publics. « Mais il faut le faire au bon moment pour que cela ait des répercussions. Si on n’est que trois, ça ne servira à rien », précise la jeune femme.

A. C.

l' Huma du 07 / 04 /08

Les travailleurs européens unis pour le pouvoir d'achat .

Par domik27 :: 08/04/2008 à 21:47

Mobilisation . Réunis en Slovénie, les ministres des Finances de l’UE appelaient à la « modération salariale ». 40 000 manifestants européens étaient à Ljubljana, pour défendre leur pouvoir d’achat.

Ljubljana (Slovénie), envoyé spécial.

Samedi 5 avril, dans les rues de Ljubljana, la capitale slovène, la diversité était de surface : mélanges de couleurs, de langues ou de drapeaux des quatre coins de l’Europe. Mais, l’unité était véritable : les salariés européens, de 55 syndicats et 29 pays, étaient venus manifester pour une amélioration de leur pouvoir d’achat et de meilleures conditions de travail, à l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES). Les slogans témoignaient de cette unité sur tout le parcours de l’Euromanifestation qui a regroupé plus de 40 000 personnes (10 000 selon la police).

« En avant pour une Europe sociale ! »

Les Belges de la CSC, par exemple, répondaient en choeur aux questions de leur leader : « Est-ce que vous êtes prêts pour une Europe sociale ? OUI ! Contre une Europe du capital ? OUI ! » puis, après un bref surplace, se lançaient dans une course effrénée dès que leur leader affirmait : « En avant pour une Europe sociale ! » Chanson, aussi, dans les rangs de la CGT qui avait délégué une centaine de militants. Et les banderoles, quelle que soit leur langue, étaient claires : « Sauvons le pouvoir d’achat et la solidarité », « Augmenter les salaires, une priorité pour les travailleurs européens », « More for the workers, not only for the top » (plus pour les travailleurs, pas seulement pour les dirigeants)…

Du côté des délégations venues de l’est de l’Europe, les revendications étaient, bien entendu, similaires. Silvio Botta, un salarié de l’entreprise Delphi, équipementier automobile qui fournit de nombreuses marques de voitures, explique que son salaire lui suffit à peine à payer son loyer. Et il ajoute aussitôt qu’un souci fondamental le préoccupe : « J’ai de gros problèmes avec la direction de l’entreprise. Nous sommes constitués en syndicat depuis 2007, mais elle ne nous autorise pas dans l’usine. Ce problème se pose dans les deux sites que le groupe a en Roumanie… » Le syndicaliste insiste sur ce point qui l’inquiète : « l’état de la démocratie ».

Cette question revient régulièrement dans la bouche des participants. Joël Decaillon, secrétaire confédéral de la CES, précise ainsi que cette manifestation a été organisée pour « dire à l’UE qu’il faut revoir la répartition des richesses, car les inégalités explosent. C’est une situation inacceptable qui conditionne l’avenir de l’Europe et de sa démocratie ». « Nous avons un nombre de plus en plus important de salariés pauvres en Europe. Il faut donc de meilleurs salaires, mais aussi de meilleurs emplois. »

ceux qui gagnent toujours plus

Pendant ce temps, pourtant, réunis à quelques kilomètres de là, les ministres européens des Finances viennent d’achever une réunion de deux jours, pendant laquelle, de concert avec la Banque centrale européenne (BCE), ils ont appelé à la modération salariale. Le commissaire européen aux Affaires économiques, l’Espagnol Joaquin Almunia, a même précisé que « les hausses des salaires devraient dépendre des gains de productivité réalisés » et ne pas aller au-delà, cherchant visiblement à calmer les ardeurs revendicatives des travailleurs européens.

En fin de manifestation, sur la place des Congrès de Ljubljana, le président de la ZSSS, fédération slovène des syndicats libres, a dénoncé ceux qui gagnent toujours plus au détriment des travailleurs qui vivent toujours moins bien. Bernard Thibault lui a emboîté le pas et a constaté : « Si on écoute les ministres, si on écoute les employeurs, ce n’est jamais le bon moment pour augmenter les salaires dans tous les pays européens. Tantôt on nous explique que ça va mal, tantôt que ça va bien, mais que ce n’est toujours pas le bon moment pour augmenter les salaires ! » Ou encore John Monks, le secrétaire général de la CES, a vilipendé les écarts qui ne cessent de se creuser entre les riches et les pauvres. Avant de reprendre la route, un concert où résonnèrent « Bella Ciao », « Hasta siempre, Commandante », « Bandiera rossa » a permis aux salariés européens de continuer à échanger. Et de se promettre de se revoir au plus vite pour que le rapport de forces, manifeste à Ljubljana, porte ses fruits.

Fabien Perrier

l' Huma du 07 / 04 / 08

Tibet : Arrêtons la démagogie !

Par domik27 :: 08/04/2008 à 21:16
Mardi 8 avril 2008

publié dans : vie de la section

Blog P.C.F ARRAS

L' UIMM a versé 550.000 euros à PSA en 2007 .

Par domik27 :: 08/04/2008 à 18:44

 

La France n'est pas aux français, elle est aux riches qui la pillent

Mardi 08 Avril 2008 - 17:20

On apprend que l'un des heureux bénéficiaires de l'Epim (la «caisse de secours mutuel» de l'UIMM, un «trésor de guerre» valorisé à hauteur de 600 millions d'euros) fut PSA Peugeot-Citroën, qui y cotisait

L'UIMM a versé 550.000€ à PSA en 2007

 

Le contructeur automobile reconnaît avoir perçu ce «dédommagement» suite à la grève qui perturba l'activité de son usine d'Aulnay-sous-Bois du 28 février au 10 avril 2007. «Nous avons fait une demande écrite à l'UIMM pour obtenir une aide financière de solidarité compte tenu de l'impact économique de la grève, et l'UIMM y a répondu favorablement», confirme un porte-parole de PSA, qui ajoute : «Il y a bien eu un versement de 550.000 €, par chèque, en ligne avec l'action de notre syndicat professionnel et en toute transparence». Cette pratique est permise par le Code du travail, selon lequel «les syndicats professionnels peuvent constituer entre leurs membres des caisses spéciales de secours mutuels et de retraites»…

Pour la CGT du groupe, «la coupe est pleine». Elle dénonce des «méthodes antisyndicales d'un autre temps», fustigeant cet employeur «qui s'est longtemps illustré par les entraves au droit de grève, la discrimination syndicale et le soutien à un syndicalisme-maison», et qui «n'a pas renoncé à ses anciennes méthodes» pour «casser» les mouvements sociaux au sein de son entreprise.


PSA Peugeot-Citroën est l'entreprise française qui arrive en tête du palmarès des suicides au travail avec un septième décès le 21 mars dernier : celui d'une employée de 41 ans, mère de deux enfants, en procédure de reclassement après dix-neuf années de bons et loyaux services au service communication du siège parisien. Pourtant son DRH Jean-Luc Vergne, qui ose prétendre que «l'image sociale du constructeur automobile a considérablement changé depuis [mon] arrivée» en 2000, est donné favori à la présidence de l'Unedic : sa nomination devrait être annoncée demain soir par le comité des mandats du Medef.

Il faut savoir que l'actuel président de l'UIMM, Frédéric Saint-Geours, fut l'ancien directeur général de Peugeot et qu'il est toujours conseiller de l'actuel PDG de PSA Christian Streiff, l'homme qui initia le plan de redressement Power8 chez l'avionneur Airbus (plus de 10.000 emplois menacés) et a déjà à son actif quelque 5.000 «départs volontaires» chez le constructeur automobile. Ainsi, quand ce n'est pas aux pompes funèbres, ce talentueux «tueurs de coûts salariaux» se charge de confier son personnel aux bons soins de l'assurance-chômage, que son collègue Jean-Luc Vergne récupèrera en tant que représentant du Medef à l'Unedic où, deux ans durant, il prendra soin de négocier au plus bas leurs conditions d'accès et d'indemnisation. La boucle est bouclée !

voir un article de l'Humanité, A Aulnay, l'UIMM a financé la fermeté de PSA

Nicolas Maury

Le coup du siècle : un hold-up de 100 milliards !

Par domik27 :: 08/04/2008 à 18:07

Mis en ligne : 8 avril

... 100 milliards ! C’est le montant que le gouvernement envisage de ponctionner sur l’épargne populaire des Français pour porter secours aux établissements bancaires en difficulté à cause de leur exposition imprudente aux subprimes américains et de leurs opérations financières spéculatives – LBO en tête ! – déconnectées de l’économie réelle.

www.elunet.org

Sur l’injonction de la Commission Européenne saisie par un consortium bancaire privé, le Président de la République, plus prompt à dénoncer les méfaits du capitalisme financier sur l’avenir de l’outil industriel national qu’à défendre l’épargne populaire et le pouvoir d’achat des Français, a confié à Christine Lagarde le soin de présenter un projet de loi dit de « modernisation de l’économie » qui prévoit notamment le transfert de plus de 100 milliards d’Euros d’épargne populaire garantie par l’Etat, au profit des banques commerciales.

La privatisation du système, unique dans le monde, de collecte d’épargne populaire par le Livret A (détenu par plus de 46 millions de nos concitoyens) va permettre aux banques commerciales de récupérer près de 50 % des fonds, sans aucun contrôle ni obligation de service public ! Par cette opération, le gouvernement répond favorablement au lobby bancaire de mettre la main sur cette manne financière, et participe simultanément à la tentative de sauvegarde du système financier spéculatif, au détriment de l’intérêt général et des besoins du pays.

Car la centralisation actuelle totale des fonds du Livret A auprès de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) garantit un emploi public de ces ressources au service de la collectivité nationale, par le financement de logements sociaux, du renouvellement urbain, des infrastructures et de la politique de la ville. En effet, La CDC est le seul établissement public placé sous la tutelle du Parlement (les autres établissements publics dépendant du pouvoir exécutif des ministères), constituant le dernier rempart financier public contre la marchandisation mondialisée des services publics et de l’intérêt général.

Et au lieu d’en faire un modèle dans le développement économique des territoires et des bassins d’emplois, depuis le fameux Bloch-Lainé qui avait répondu « présent » à l’appel de l’abbé Pierre en finançant massivement des logements sociaux sur les fonds propres de la Caisse des dépôts et consignations, ses Directeurs successifs se sont engagés dans la voie d’une privatisation de cet outil public et dans la réalisation d’opérations financières spéculatives comme les LBO, contribuant ainsi à la banalisation de cette institution publique plutôt que d’en promouvoir l’exception française.

Il est aujourd’hui, plus que jamais, indispensable de restaurer la confiance des Français : la Caisse des dépôts et consignations, historiquement placée sous le sceau de la « Foi Publique » (sa devise) et sous la garantie de la représentation nationale (le Parlement : Assemblée Nationale et Sénat), doit se voir renforcer et conforter dans son rôle unique pour l’intérêt général et la satisfaction des besoins de la population, au cœur d’un pôle financier public au service de tous.

Au lieu de cela, la ministre de l’économie va ponctionner l’épargne populaire au profit de ses amis banquiers, renouant ainsi avec ses anciennes fonctions d’avocat conseil notamment au sein de la banque hollandaise ING au cœur du consortium bancaire ayant engagé le recours à Bruxelles contre le Livret A…et dont une filiale a conseillé la Caisse des dépôts dans son LBO sur Quick au profit du milliardaire belge Albert Frère.


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Le Tibet,Fuir l'histoire ?

Par domik27 :: 08/04/2008 à 5:01

 

 

Lundi 07 Avril 2008 - 20:46

 

 

Pour une certaine gauche, les films d'Hollywood sont toujours plus importants que les livres d'histoire et d'analyse critique de la réalité. Extrait de « Fuir l'histoire ? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd'hui », 2007, éditions Delga

 

Le Tibet, Fuir l'histoire ?

 

 

1. Les États-Unis, le dalaï-lama et les bouchers indonésiens

Seuls l'intervention de la flotte américaine en 1950 et le recours de Washington dans les années suivantes à la menace nucléaire peuvent empêcher l'armée populaire dirigée par les communistes de compléter la libération et l'unification du pays, en fermant ainsi pour toujours un des chapitres centraux de l'histoire de la « Chine crucifiée ». En plus de la sécession de Taiwan, l'impérialisme cherche aussi à promouvoir celle du Tibet. Et dans ce cas aussi, la gauche montre son caractère subalterne et son manque de mémoire historique. Fut un temps, elle s'engageait dans des lectures sophistiquées et absorbantes, aujourd'hui elle se nourrit seulement de la grande presse d'information et de désinformation. Tout sympathisant et militant de la cause anti-impérialiste savait que la souveraineté chinoise sur le Tibet avait derrière elle des siècles d'histoire et que le premier à avoir essayé de la mettre en question avait été l'expansionnisme colonial britannique . Ainsi, il suffit de feuilleter un bon livre d'histoire pour prendre conscience du fait que ces tentatives étaient et sont parties intégrantes d'une politique visant au « démantèlement de la Chine ».


 

 

Mao Tsé-Toung n'était pas le seul à considérer le Tibet comme partie intégrante du territoire national chinois. Sun Yat-Sen, le premier Président de la République née du renversement de la dynastie mandchoue, ne pensait pas différemment. Aux Anglais qui l'invitaient à participer activement à la boucherie de la Première guerre mondiale, de façon à récupérer les territoires arrachés à la Chine par l'Allemagne, Sun Yat-Sen faisait remarquer que la Grande-Bretagne était encore plus avide : « Vous voudriez aussi nous prendre le Tibet » ! Longtemps, l'appartenance de cette région à la Chine n'a pas été mise en doute, même par les historiens les plus éloignés de la gauche. Quand il parlait de la révolte du Tibet de 1959 (largement inspirée et alimentée, comme nous le verrons, par la CIA), l'auteur d'une histoire pourtant très critique du Parti Communiste Chinois insérait d'ailleurs cet événement dans un chapitre dédié à l' « évolution intérieure » du grand pays asiatique.

Désormais au contraire, la gauche et en Italie même Il manifesto et Liberazione semblent aussi engagés à soutenir le séparatisme. C'est aussi à ce détail que l'on peut voir le triomphe idéologique, au-delà du triomphe militaire, remporté par les États-Unis dans la Guerre froide. Avant que celle-ci n'éclate, Washington n'éprouvait aucune difficulté à reconnaître l'appartenance du Tibet à la Chine, contrôlée alors par les nationalistes de Tchang Kaï-Chek. En publiant en 1949 un livre sur les relations États-Unis/Chine, le département d'État américain incluait une carte indiquant très clairement le Tibet comme partie intégrante du grand pays asiatique.

Mais il commence à changer son orientation au fur et à mesure que se profile l'avancée de l'armée populaire conduite par Mao Tsé-Toung. Dès le 13 janvier 1947, George R. Merrel, chargé d'affaires américain à New Delhi, écrit au Président américain Truman pour attirer son attention sur l' « importance stratégique inestimable » de la région-toit du monde : « Le Tibet peut donc être considéré comme un bastion contre l'expansion du communisme en Asie ou du moins comme une île de conservatisme dans un océan de bouleversement politique ». De plus – ajoute le diplomate américain – il ne faut pas oublier que « le haut plateau tibétain […] en ces temps de guerre de missiles peut s'avérer le territoire le plus important de toute l'Asie ».

Je tiens ces détails d'un auteur américain, fonctionnaire de la CIA pendant des décennies, comme il tient lui-même à nous le faire savoir. En s'y référant, il souligne la continuité entre le point de vue exprimé par la lettre à Truman que nous venons de citer et celui cher en son temps à l'Angleterre victorienne, engagée dans le « grand jeu » de l'expansion coloniale en Asie . En effet, à l'impérialisme britannique succède, après la Seconde guerre mondiale, l'impérialisme américain : le séparatisme tibétain est désormais appelé à servir « les intérêts géopolitiques des États-Unis », en obligeant Mao à disperser ses forces déjà limitées et en posant donc les conditions d'un « changement de régime à Pékin » . Pour atteindre un tel but, des « guérilléros » sont entraînés au Colorado et ensuite parachutés au Tibet : ils sont ravitaillés par voie aérienne en armes, outils, appareils de retransmission etc. et collaborent également – l'auteur et fonctionnaire de la CIA ne le cache pas – avec des « bandits Khampa à l'ancienne ».

Tel est le contexte de la révolte de 1959. Là aussi, l'auteur en question nous est fort appréciable, non seulement pour l'information de première main qu'il fournit, mais aussi pour sa franchise. Il remarque que la révolte avait suivi immédiatement l'échec de la tentative des services secrets américains de provoquer des désordres en Chine à partir des Philippines. Sans se décourager, il fallait alors se concentrer sur le Tibet. Bien sûr – explique à cette occasion un haut dirigeant de la CIA, cité toujours par l'auteur-fonctionnaire de la même organisation – le déclenchement de la révolte avait « peu à voir avec l'aide aux Tibétains ». Il s'agissait au contraire de mettre en difficulté « les communistes chinois ». C'était la même logique qui présidait – expliquait ensuite le dirigeant de premier plan de la CIA – à la décision, prise par les services secrets américains à cette époque, d' « aider les colonels rebelles indonésiens dans leur effort pour renverser Soekarno », coupable d'être « devenu trop tolérant envers les communistes de son pays » . Ayant échoué lors de sa première tentative, le coup d'État en Indonésie réussit pleinement en 1965 ; des centaines de milliers de communistes ou d'éléments considérés comme trop « tolérants » envers les communistes sont massacrés. Si les forces de la réaction et de l'impérialisme avaient réussi dans leurs menées séparatistes au Tibet, auraient-elles été moins féroces ?

Un fait donne à réfléchir. Je le tire de l'intervention d'un professeur américain pour une revue américaine : c'est un agent de la CIA qui a organisé en 1959 la fuite du dalaï-lama du Tibet. L'agent vécut plus tard au Laos « dans une maison décorée avec une couronne d'oreilles arrachées aux têtes de communistes morts ».

2. La CIA et Hollywood se convertissent au bouddhisme !

La révolte de la réaction tibétaine de 1959 ne remporte pas le succès escompté. Contacté et financé par les services secrets américains depuis bien longtemps, le dalaï-lama fuit en Inde. Une fois échouée la campagne à l'Est (en territoire tibétain et chinois), Washington commence alors sa campagne à l'Ouest. Nous avons vu le dirigeant de premier plan de la CIA considérer le dalaï-lama comme un pion interchangeable de la politique américaine à l'instar des colonels-bouchers indonésiens. Désormais, ce même personnage est élevé au pinacle : il devient un leader de la non-violence, un modèle vivant de noblesse morale et de sainteté. La transfiguration gagne aussi le bouddhisme tibétain en tant que tel, présenté comme un ensemble d'exercices spirituels, de doctrines et de techniques d'élévation sublime au-dessus des misères du monde. L'industrie cinématographique américaine travaille à plein rendement pour diffuser ce mythe. Au début du XXe siècle, lorsque la compétition entre la Grande Bretagne et la Russie pour s'emparer du Tibet faisait rage, une rumeur se répandait selon laquelle le tsar en personne était devenu bouddhiste . Aujourd'hui au contraire aucun doute n'est possible : ce sont Hollywood et la CIA qui se sont convertis au bouddhisme !

Une conversion aussi extraordinaire ne pouvait que produire des miracles. Pendant des siècles, la culture occidentale a regardé avec mépris le bouddhisme tibétain, considéré comme synonyme de despotisme oriental, du fait de la centralité qu'il conférait à un soi-disant Dieu-Roi, sur lequel s'exerçait le mépris d'auteurs aussi différents que Rousseau, Herder, Hegel. Entre le XVIIIe et le XIXe, les lamas étaient considérés « non en tant qu'incarnation des lamas défunts [comme ils l'affirment], mais comme incarnation de tous les vices et de toutes les corruptions » . Lorsque la Grande Bretagne part ensuite à la conquête du Tibet, elle cherche à la justifier au nom de la nécessité d'apporter la civilisation jusque dans « cette ultime forteresse de l'obscurantisme », à « ce petit peuple misérable ».

Cela va de soi : l'arrogance et la tendance raciste de l'impérialiste ne font aucun doute, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut refouler les infamies de la théocratie tibétaine. Un fait tiré de l'historien anglais que nous venons de citer suffit pour éclairer sa vraie nature : le dalaï-lama en fonction au début du XXe siècle « était un des rares à avoir atteint sa majorité, étant donné que la majorité d'entre eux était éliminée durant l'enfance à la convenance du Conseil de Régence ». Désormais au contraire, grâce au miracle opéré par Hollywood (et la CIA), le bouddhisme tibétain est devenu synonyme de paix, de tolérance et de spiritualité élevée. Tout est clair à présent : comme on l'a justement observé, sur la base de l'idéologie et des stéréotypes dominants, « les Tibétains sont des surhommes et les Chinois des sous-hommes ».

Certains aspects du processus de sanctification du dalaï-lama et du bouddhisme tibétain sont vraiment comiques. Un élément essentiel de ce dernier est la structure de castes qui perdure aussi après la mort : si le corps des membres de l'aristocratie est inhumé ou brûlé, le corps vil des masses populaires est donné en pâture aux vautours. Il y a quelque temps, l'International Herald Tribune parlait d'une de ces funérailles plébéiennes où le prêtre détache morceau par morceau la chair des os du mort pour faciliter le travail des vautours, qui attendent déjà au sommet de la montagne. Il faut dire que la description était précise et minutieuse, mais elle était suivie de la déclaration d'un « savant » qui expliquait le tout dans une interprétation écologique ; mais il n'expliquait nullement pourquoi seul le corps des plébéiens était appelé à contribuer à l'équilibre environnemental.

La Révolution culturelle s'était déchaînée contre cette pratique discriminatoire des castes, considérée comme barbare ; mais sa tentative d'éradication par la violence de cette très antique tradition avait fini par favoriser les secteurs les plus rétrogrades du bouddhisme tibétain, qui avaient su organiser une vaste protestation au nom de la défense des traditions. Plus sagement, dans la Chine d'aujourd'hui, le gouvernement tibétain, même s'il les déconseille, n'interdit pas ces rites funèbres.

3. Le Tibet et la lutte entre progrès et réaction

Malheureusement, une bonne partie de la gauche semble elle aussi s'être convertie sinon au bouddhisme proprement dit, du moins à l'image hagiographique du dalaï-lama et de la religion qu'il professe. De nouveau la mémoire historique se dissipe. L'horrible réalité du Tibet prérévolutionnaire, la réalité de la théocratie qui réduisait à des conditions d'esclavage ou de servage l'immense majorité de la population, sont refoulées. Les réformes réalisées à partir de 1951 ont indéniablement – donnons à nouveau la parole à des auteurs qu'on ne peut soupçonner de nourrir des sympathies pour Mao Tsé-Toung – « aboli le féodalisme et le servage » . Elles ont aboli aussi la théocratie incarnée par le Dieu-Roi qui prétend ou prétendait être le dalaï-lama, réalisant en acte la séparation de pouvoir religieux et du pouvoir civil, qui constitue un des présupposés essentiels de l'État moderne.

Les réformes et la révolution ont signifié pour les masses populaires tibétaines un accès aux droits de l'homme auparavant complètement inconnus, une augmentation très forte des conditions de vie et un prolongement sensible de la durée moyenne de la vie. D'autre part, les critiques portées contre la République Populaire de Chine sont souvent non seulement instrumentales mais aussi contradictoires. Si un auteur français se plaint du faible développement industriel de la République Autonome du Tibet, qui serait restée substantiellement « au stade proto-industriel » , voilà qu'un auteur américain, écrivant dans Foreign Affairs, formule des critiques et des recommandations opposées : la « politique de modernisation rapide » et le « développement économique » devraient passer « à un rythme plus lent », de façon à sauvegarder l'identité culturelle tibétaine . Il est dommage que les États-Unis n'éprouvent pas cette même préoccupation lorsqu'ils envahissent avec leurs marchandises, leurs films, leurs chansonnettes et leurs « valeurs » chaque coin de la terre, y compris le Tibet !

Certes, il est aussi question de droits nationaux. En son temps, la Révolution culturelle, en déclenchant une lutte indiscriminée contre toute forme d' « obscurantisme » et d'arriération, a traité le Tibet à l'instar d'une gigantesque Vendée à réprimer ou à catéchiser avec une pédagogie hâtive, mise en acte par des « partisans des Lumières » intolérants et agressifs provenant de Pékin et des autres centres urbains habités par les Han. Mais aujourd'hui ces erreurs dues à un extrémisme et un universalisme agressifs ont été corrigées. La récupération des monastères et de l'héritage culturel tibétain va bon train. Même si elle formule des critiques, la revue américaine déjà citée reconnaît que dans la Région Autonome du Tibet, 60 à 70 % des fonctionnaires sont d'ethnie tibétaine ; elle reconnaît que la pratique du bilinguisme prévaut, même si elle demande que l'accent soit mis désormais sur la langue tibétaine. Les mêmes journalistes américains majoritairement atteints d'une sinophobie virulente laissent échapper qu'au moins « la politique officielle de la Chine » est une sorte d' « affirmative action à grande échelle » ; c'est-à-dire qu'elle prévoit une série de discriminations positives en faveur des Tibétains et des autres minorités nationales, en ce qui concerne l'admission à l'université, la promotion à des charges publiques et la planification familiale (qui pour les Han est plus rigoureuse) .

Comment donc expliquer la campagne persistante contre la République Populaire de Chine ? Si sur le plan international elle visait au démembrement ou au moins à un grave affaiblissement du grand pays asiatique, sur le plan intérieur la révolte de 1959 entendait bloquer le processus d'émancipation des masses populaires et de modernisation de la région. Ce n'est pas un hasard : encore aujourd'hui, parmi les Tibétains en exil, on peut trouver une présence importante de groupes « fondamentalistes sur un plan spirituel et conservateurs dans le domaine social » , c'est-à-dire des groupes qui ne se sont pas résignés à la fin de la théocratie et à l'avènement de la séparation de l'Église et de l'État et qui regrettent le féodalisme et le servage.

Mais la position du dalaï-lama est-elle fondamentalement différente ? En 1998, un auteur américain écrivait à son sujet : il « exige la création d'un Grand Tibet, qui inclurait non seulement le territoire qui a constitué le Tibet politique à l'ère contemporaine, mais aussi des aires tibétaines dans la Chine occidentale, dans une très large mesure perdues par le Tibet dès le XVIIIe siècle » . Mais des minorités ethniques tibétaines vivent aussi au Bhoutan, au Népal, en Inde etc. Où s'arrêterait le remodelage de la géographie politique et quels coûts comporterait-il ? On comprend donc bien que parmi ceux qui s'opposent aux forces dirigées par le dalaï-lama on trouve aussi le Népal, qui ressent « la peur que ces dernières n'entraînent le Nord du Népal dans la sécession » . C'est plus que suffisant pour se rendre compte à quel point l'hagiographie construite par la CIA et Hollywood est mensongère. Célébré comme un champion de la non-violence, le dalaï-lama se voit remettre en 1989 le prix Nobel de la paix. Mais lorsque l'Inde procède au réarmement nucléaire, le soutien le plus notable de cette politique s'avère être… le prix Nobel de la paix ! Plus récemment, lorsque certaines universités anglaises ont appelé au boycott culturel d'Israël, en signe de protestation contre l'oppression permanente subie par le peuple palestinien, l'un des premiers à prendre position contre les universités anglaises a été le dalaï-lama (cf. International Herald Tribune du 4-5 août 2007). On ne le voit jamais lorsqu'il s'agit de soutenir la cause d'un peuple opprimé ou de condamner les guerres d'agression déclenchées par l'impérialisme américain et ses alliés et complices.

Mais le dalaï-lama représente-t-il au moins le peuple tibétain ? Le Livre noir du communisme reconnaît lui-même qu'une analyse historique élémentaire « détruit le mythe unanimiste entretenu par les partisans du dalaï-lama » . En réalité, depuis la « libération pacifique » du Tibet de 1951, le renversement de l'ancien régime dans cette région et sa transformation politico-sociale se sont heurtés à une résistance acharnée des groupes les plus réactionnaires et des classes privilégiées, mais ont aussi pu compter sur des appuis importants au sein de la société tibétaine. Même les auteurs majoritairement engagés dans la campagne anticommuniste et antichinoise sont obligés de l'admettre. Les voilà donc qui tonnent contre « le septième Panchen Lama », coupable de s'être alors « subitement rallié au régime communiste ». Les champions de la croisade anticommuniste émettent un jugement encore plus dur sur les « moines », qui en 1951 « n'hésitent pas à souhaiter “que le Tibet soit bientôt libéré” » et qui lancent des appels dans cette direction au Parti Communiste et à l'Armée Populaire de Libération. De tels auteurs ne réussissent pas à s'expliquer le fait que le dalaï-lama qu'ils ont ainsi transfiguré se heurte dès le début non seulement à de larges secteurs populaires, mais aussi aux milieux religieux qui veulent l' « abattre ». Les champions de la croisade antichinoise et anticommuniste doivent se résigner. Encore en 1992, au cours de son voyage à Londres, le dalaï-lama fait l'objet de manifestations hostiles de la part de la plus grande organisation bouddhiste en Grande Bretagne, qui l'accuse d'être un « dictateur sans pitié » et un « oppresseur de la liberté religieuse » .

Même en ce qui concerne la Révolution culturelle, une période indéniablement tragique dans l'histoire de la région, il faut savoir qu'il y avait « aussi des Tibétains » parmi les gardes rouges : des affrontements ont eu lieu entre groupes maoïstes ; « il y eut ainsi, au total, peut-être plus de tués chinois que tibétains » . C'est le Livre noir du communisme qui attire l'attention sur ce fait, mais conforme à son anticommunisme professionnel, il n'hésite pas à relancer l'accusation de… génocide chinois contre le peuple tibétain !

La logique de l'impérialisme et de l'idéologie dominante est claire. Mais comment expliquer les sympathies dont jouit le dalaï-lama même dans certains milieux de gauche et même dans des cercles qui ont à l'époque salué la Révolution culturelle et qui en parlent encore avec une certaine nostalgie ? Indéniablement, la situation actuelle au Tibet s'est nettement améliorée en ce qui concerne le développement économique, la liberté religieuse et les droits culturels et nationaux des habitants de cette région. Mais cela n'intéresse pas une gauche qui, loin d'apprécier l'effort du Tiers monde pour sortir de l'arriération et de la misère, projette sur lui sa nostalgie et son idolâtrie d'une société prémoderne, dont les citoyens sont « pauvres mais beaux » : une société qui, comme certains monastères désormais insérés dans les itinéraires touristiques, devrait de façon permanente servir de lieu de vacances et de régénération spirituelle périodique loin des pesanteurs d'une opulence à laquelle on ne peut d'ailleurs pas renoncer et même que l'on doit bien préserver. Dans les années 60, c'étaient les Chinois qui étaient considérés comme « pauvres mais beaux », par rapport à l'Occident ; mais aujourd'hui, après le développement impétueux qui s'est produit dans le grand pays asiatique, les « pauvres mais beaux », aux yeux de cette prétendue gauche, ce sont les Tibétains partisans du dalaï-lama. Qu'importe si ce dernier est en réalité riche et laid ? Ainsi, il est riche en tant que représentant d'une caste d'exploiteurs super-alimentée de dollars dès les années 50 ; laid, du fait qu'il aurait voulu continuer à condamner à une horrible condition de dégradation les serfs de l'aristocratie et de la théocratie tibétaines. Tout cela ne compte pas : pour une certaine gauche, les films d'Hollywood sont toujours plus importants que les livres d'histoire et d'analyse critique de la réalité.

Reçu de l'auteur et mis en ligne par Marie-Ange Patrizio

Extrait de « Fuir l'histoire ? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd'hui », 2007, éditions Delga ( 38 rue Dunois, 75013 Paris, www.editionsdelga.com )

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Nicolas Maury

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