Séance d'initiative parlementaire: Logement
adapté et abordable pour tous. Pierre Gosnat (Député-Maire PCF d'Ivry)
et Michel Vaxès (Député PCF des Bouches du Rhône)
Lors de l'examen du texte en commission, les
députés de la majorité se sont étonnés d'une proposition de loi dont il
était pourtant urgent de débattre, étant donné la situation dramatique
rappelée par le rapporteur, et en se fondant sur l'expérience concrète
sans attendre les décisions inquiétantes que le Gouvernement prépare en
secret.
Dans ma circonscription du Val de Marne – non loin de celle de M. Le
Bouillonnec –, qui compte près de 9 000 demandeurs de logements, vous
avez installé à Ivry, sans consulter les élus locaux, un centre
d'accueil pour SDF prévu initialement pour un an et dont je viens
d'apprendre qu'il serait pérennisé pour 5 ans ! C'est là prendre acte
d'une situation tragique sur laquelle M. Hirsch était plus disert avant
de devenir ministre…
Il suffit également de consulter ceux qui sont directement engagés
dans la réflexion et l'action pour le droit au logement : selon le
rapport 2008 de la Fondation de l'Abbé Pierre, il y aurait en France
3,2 millions de mal logés, 100 000 SDF, 150 000 personnes vivant chez
un tiers – sans compter les jeunes qui ne peuvent quitter le foyer
familial. Le logement est devenu une source d'appauvrissement et 6
millions de personnes seraient en situation de réelle fragilité.
Alors qu'en 1979, avant l'application de la
réforme Barre, la part du budget que les foyers consacraient au
logement avoisinait les 12 à 15 %, elle se situe aujourd'hui autour de
25 à 30 %, atteignant parfois 50 % – comme l'indique la proposition de
loi –, non seulement parmi les catégories les plus démunies, mais aussi
parmi les couches moyennes ou intermédiaires. Or les futures mesures
relatives aux plafonds de ressources et au surloyer en HLM risquent de
les priver du logement social, au mépris de la mixité.
En outre, le coût du logement – loyers et charges – a littéralement
explosé au cours de ces dernières décennies et les disparités de loyers
entre le secteur privé et le logement HLM continuent d'atteindre 150 %
en région parisienne. S'agit-il de faire du logement une marchandise
comme une autre, en contradiction avec le droit au logement inscrit
dans la Constitution ?
La part de l'État dans le financement du logement social ne cesse de
décliner, n'excédant pas aujourd'hui les 8 %. Et si le 1 % payé par les
salariés – appelé à tort 1 % patronal –, si les collectivités
territoriales, ainsi que les organismes, avec leurs fonds propres ne
compensaient pas cette défaillance, il ne se construirait quasiment
plus de logements sociaux dans notre pays et on ne pourrait engager des
opérations de réhabilitations du parc social, voire du parc privé. La
part consacrée au logement par l'État, exprimée en pourcentage du PIB,
est la plus faible depuis 30 ans, alors que ce secteur économique lui
rapporte – sans compter son racket systématique dans les caisses du 1 %
logement et dans les réserves du Livret A !
À ce propos, nous réprouvons la décision annoncée hier par le
Gouvernement – et prise sur injonction de Bruxelles – d'ouvrir la
gestion des livrets A aux banques privées, au mépris de l'épargne
populaire. Vous offrez ainsi une manne considérable aux spéculateurs et
menacez le système de financement du logement social. Au fond, votre
politique se résume à prendre plus pour donner moins.
Voilà pourquoi nous approuvons pour l'essentiel cette proposition de
loi. Certes, l'augmentation du pouvoir d'achat passe avant tout par la
revalorisation des salaires et des retraites, mais la réduction des
dépenses de logement est aussi un facteur important. À cet égard, le
présent texte rappelle qu'il est indispensable de faire appliquer la
loi SRU sur l'ensemble du territoire, y compris dans la ville de M.
Sarkozy où elle ne l'est pas du tout.
M. Pierre Gosnat – Une réserve, toutefois : l'article 31 portant à
50 % le seuil de logements locatifs dans certaines communes risque de
pénaliser les villes déjà engagées dans une politique sociale et de
dédouaner les délinquants de la loi SRU. Cela étant, les élus du groupe
GDR ont, lors de la campagne municipale, défendu pour l'essentiel les
mêmes propositions que nos collègues socialistes. Le verdict des urnes
devrait vous inciter à vous en inspirer davantage, Madame la ministre !
Pourquoi ne pas, par exemple, réserver la moitié des 500 000
logements visés aux loyers réglementés ? Songez que jusqu'en l'an 2000,
près de 70 % de la construction étaient réservés aux deux tiers les
plus modestes des ménages, contre 40 % seulement en 2005 ; et en 2006,
les trois quarts des nouveaux logements étaient même attribués au tiers
le plus aisé des ménages ! Voilà qui illustre bien votre politique de
marchandisation du logement. Au contraire, nous proposons la création
d'un grand service public du logement comme il en existe un pour
l'éducation ou pour la santé.
Par ailleurs, l'article 2 de la proposition prévoit une
indispensable hausse des aides au logement, que le gouvernement de M.
Raffarin avait bloquées et qui n'ont jamais été revalorisées davantage
que l'augmentation générale des prix. Toutes les organisations de
locataires revendiquent cette revalorisation. Comme la conférence
générale du logement, nous réclamons même une augmentation immédiate de
20% : voilà de quoi redonner du pouvoir d'achat à nos concitoyens !
Et encore cette revalorisation ne serait-elle efficace qu'assortie
d'un gel général des loyers pour une durée de trois à cinq ans et d'une
cessation des expulsions locatives. Il faut aussi mener une action
spécifique en faveur des jeunes, car la réhabilitation ou la
construction des cités universitaires est loin de suffire à l'heure ou
le logement étudiant s'ouvre à la spéculation immobilière. Enfin, il
faut pour les jeunes travailleurs construire des logements sociaux ou
spécifiques et augmenter les aides.
En somme, nous voterons cette proposition de loi qui ouvre la voie à
une autre politique qui donnera un logement adapté à chacun et
abordable pour tous
Amendement PCF sur les OGM Hier au soir, l’Assemblée nationale a adopté un important amendement défendu par
André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, au nom des députés communistes et
républicains. Celui-ci modifie en profondeur l’article 1er du projet de loi
relatif aux organismes génétiquement modifiés. En effet, il ajoute aux critères
de respect de l’environnement et de santé publique qui doivent présider à la
culture et à la commercialisation des OGM les critères de respect « des
structures agricoles, des écosystèmes locaux, et des filières de production et
commerciales qualifiées « sans organismes génétiquement modifiés », et en toute
transparence. »
Cet amendement opère une véritable révolution, changeant radicalement l’économie
du texte. En effet, dorénavant sont écartés de la culture des OGM des
territoires entiers, tels que les régions couvertes par le label AOC, des zones
de montagne ou littorales protégées et des filières de qualité.
L’adoption de cet amendement est un pas important et les parlementaires
communistes vont poursuivre la bataille jusqu’au bout pour éviter tout recul sur
cette question.
Il
n’y aura pas de plan de rigueur : cette affirmation, réitérée avant les
municipales et encore maintenant, était à prendre, cela va de soi, avec
les pincettes qui conviennent, tant ce pouvoir a un rapport disons
relatif à la vérité. On l’a bien vu dans l’affaire de Gandrange.
C’est
tout juste si, hier, Sarkozy n’allait pas convoquer le PDG du groupe
siderurgiste indien Mittal pour lui tirer les oreilles et lui faire
voir avec quel coke il devait faire son acier. C’était avant que Fillon
ne se montre autrement accomodant :« Nous ne voulons pas gérer les
entreprises à la place des entreprises ». Arcelor Mittal doit pouvoir
« opérer librement dans une économie de marché ». Ah, cette liberté
d’attenter à celle des autres, en les privant de travail, de salaire et
des fruits mêmes de leur travail quand ce sont eux qui ont grossi les
fortunes de leurs actionnaires et patrons.
Il n’y aura pas de plan de rigueur mais de la gestion
sérieuse. Avec l’aplomb d’un Pinocchio, Fillon ne cesse de le répéter.
Mais tout le monde le voit, son nez s’allonge. Le gouvernement envisage
sept milliards d’économies. Comment ? Sur le dos des plus modestes dans
les secteurs du logement, de la santé, de l’emploi, de la formation.
Une centaine de mesures au total baptisées « Modernisation de
l’économie » dont 35 000 suppressions d’emplois dans la fonction
publique, déjà en train, avec les réactions que l’on sait, dans
l’éducation nationale.
Combien dans les hôpitaux, combien dans les services de
l’emploi déjà bien en peine et que lorgnent les agences d’intérim,
combien de subventions en moins pour les associations dans les
quartiers difficiles, combien en moins pour la culture ? Le sport ?
Le gouvernement et Sarkozy avaient fait grand cas de
l’arrivée dans leur équipe de Martin Hirsch, président de la Communauté
d’Emmaüs avec dans ses cartons le RSA, le revenu de solidarité active
permettant à un allocataire du RMI ou autre de garder ses revenus en
cas de reprise d’un travail. C’était un beau moyen, nous disait on
alors, avec les accents de sincérité évoqués de favoriser et encourager
le retour à l’emploi.
« Trop coûteux » a dit Fillon. Pas enterré certes (
« on va essayer en 2009 »...) mais trop coûteux. Au fait que devient le
plan banlieue de Fadela Amara ?
On voit à ce propos ce qu’il en est de l’ouverture.
Kouchner muet quand il n’est pas dans son habit de va-t-en guerre.
Bockel rétrogradé. Fadela Amara et Martin Hirsch inutiles. C’était un
leurre, un mensonge de plus. C’était un choix tactique permettant à
l’UMP d’aborder l’échéance des municipales en jouant de la flûte de
gauche pour entre autres camoufler les voix du FN. Les municipales sont
passées. Dès le soir du second tour, le gouvernement niait qu’il
s’agisse d’une sanction et voulait y voir un encouragement à poursuivre
les « réformes ». C’était une stratégie. Fillon était en réserve.
Nouvelle atteinte à la liberté d’expression dans un
état de plus en plus policier. Tous devant le commissariat d’Aix avenue
de l’Europe jeudi matin 8 heures.
Philippe Chouard, militant de RESF et depuis de
nombreuses années de l’ASTI d’Aix, bien connu pour son sérieux et son
dévouement a été arrêté à Aix pour avoir distribué sur le voie publique
le tract d’appel à la manifestation UCIJ du samedi 5 avril . Il est en
garde à vue depuis au commissariat d’Aix . Les avocats sont alertés.
L’action va être organisée pour exiger sa libération et
protester contre cette nouvelle limitation de nos possibilité
d’expression , mais vous pouvez peut-être déjà téléphoner pour demander
de ses nouvelles
Construction
navale . Après vingt jours de grève de la faim, les trois salariés
grecs de l’entreprise Elbe, sous-traitante d’Aker Yards, ont obtenu,
hier, gain de cause.
Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), envoyé spécial.
« Face au risque certain de perturbation de la cérémonie de
lancement du paquebot Poesia (…) la société Aker Yard a décidé de
verser ce jour, sans négocier, 7 300 euros ainsi qu’un billet d’avion
au trois personnes actuellement en grève de la faim… ». Dans un
communiqué intitulé : « Face au chantage Aker yards cède au racket »,
les propriétaires des chantiers navals de l’Atlantique se sont donc
substitués à leur entreprise sous-traitante, Elbe, en conflit depuis
deux mois avec trois de ses salariés. Nikos, Léonidas et Boris tous
trois arrivés de Grèce à la demande de l’entreprise allemande Elbe, fin
2007, « sur un simple coup de fil », avaient entamé le 14 mars dernier
une grève de la faim pour obtenir leur salaire, leurs bulletins de paie
et leur contrat de travail. « Depuis deux jours déjà nous n’avions plus
de quoi nous nourrir », précisent-ils, donnant alors un prolongement
symbolique à une situation d’extrême précarité et de désespoir pour
tenter d’obtenir gain de cause.
un comité de soutien
Très vite la pression est montée d’un cran, l’USM CGT (Union
syndicale multiprofessionnelle) dirigée par André Fadda, très présente
sur les chantiers, va relayer leur lutte, un comité de soutien,
constitué de citoyens et de militants politiques et associatifs va se
mettre en place et la mairie de Saint-Nazaire sera occupée par les
grévistes. Une situation insupportable pour les pouvoirs publics qui
fera dire au sous-préfet que la « CGT porterait une lourde
responsabilité » si les choses devaient mal tourner.
Car, en point d’orgue de cette affaire, deux conceptions du rapport
social au travail vont s’affronter. D’un côté, ceux qui estimaient que
le recours juridique était la solution pour sortir du blocage, la CFDT
et la plupart des partis politiques et, d’un autre, ceux qui
considéraient que seule la lutte pouvait permettre d’en sortir par le
haut, ce fut le cas de la CGT et du PCF. « La grève de la faim ne
constitue pas pour nous le meilleur moyen d’action », tient à préciser
André Fadda « mais la détresse de certaines situations engendre de
telles réactions ». Pour les premiers intéressés, les trois
travailleurs grecs, il n’était de toute façon pas question d’aller
devant le conseil des prud’hommes. « L’entreprise va faire appel, cela
va durer des mois et nous n’avons même plus de quoi vivre… Je suis venu
en France pour travailler pas pour passer devant un tribunal », insiste
alors Boris.
Car l’option juridique était également défendue par la direction des
chantiers et l’entreprise Elbel. « Pourquoi ne pas aller en justice ?
Nous ne sommes pas opposés à une solution transactionnelle mais pas à
la hauteur de ce qui est réclamé (8 000 euros) et il est hors de
question que mon client cède au chantage de ces employés, ils n’ont
travaillé qu’un mois et demi et en réclament quatre », affirmait Me
Zshunke, avocat d’Ebel, « mon client craint par ailleurs, s’il cédait,
que l’ensemble des salariés ne réclame la même chose », précisait-t-il.
C’est sans doute pour cette raison qu’Aker Yards a réglé la note pour
son sous-traitant sans négocier ni utiliser les moyens de pression
qu’il détenait sur l’entreprise.
Finalement l’annonce d’une mobilisation à l’appel de l’UD CGT de
soutien aux travailleurs grecs aujourd’hui, jour de cérémonie du
lancement du paquebot Poésia, accélérera le processus et conduira Aker
Yards dans l’impasse. Non sans avoir tenté de convaincre la CGT d’aller
en justice, promettant que le sous-traitant ne ferait pas appel et
qu’ils régleraient eux-mêmes la somme. Petit arrangement immédiatement
rejeté par les responsables du syndicat en l’absence de toute garantie
sérieuse.
situation précaire
« Ils pouvaient régler cette situation dramatique il y a trois
semaines, ils ont choisi d’aller le plus loin possible », conclut
Marie-Claude Robin, s ecrétaire de l’UD CGT.
Malgré cette victoire, la situation au travail de centaine de
salariés sur les chantier naval de l’Atlantique reste extrêmement
précaire. À l’issue de sa dernière visite sur le site, l’inspection du
travail a dressé 34 procès-verbaux d’infractions pour prêt illicite de
main-d’oeuvre, marchandage, infractions à la législation sur le travail
temporaire, infraction d’obstacle ou encore pour travail dissimulé. Un
contexte social explosif que les raisonnables calculs économiques et
les impératifs de la mondialisation du secteur naval peineront à
désamorçer.
« On a connu ici le pire et, avec la solidarité, le meilleur, ajoute Leonidas. On espère que d’autres oseront relever la tête. »